Discours-Prison (Frontières 2/2)

Les discours sont des frontières dessinées par le verbe,
Des barreaux de mots.
L‘un après l’autre, ils se plantent devant mes yeux.
L’enchaînement de cette série de barreaux est permis par notre écoute.
Le jeu de l’argumentation / contre argumentation est un autre discours, dans le discours au sein duquel il est courant de se laisser enfermer : injonction au débat.

A Aucun moment une telle injonction n’existe, en réalité.
Elle prend corps dès lors que je lui donne corps par mon écoute.

Le jeu d’argumentation au delà d’une valeur intellectuelle intrinsèque est le bras armé (la police ) du discours au sein duquel il prend forme et par lesquel il oeuvre.

Ce n’est pas tant l’injonction à débattre de…qui en elle même est le mécanisme par lequel le piège se referme.
C ‘est l’injonction à débattre avec…
En débattant avec le tenant d’un discours-prison, je m’enferme à ses côtés.

Il ne se libère pas du fait de mon contre-discours. Ceci est le mythe fondateur permettant le développement de cette police du débat.
Celui-là ne changera pas d’avis, en revanche, l’exercice contre-argumentatif auquel il me contraint se solde par mon enfermement.

En m’y adonnant, je suis contraint de manier les éléments constitutifs d’une nation à laquelle je ne souhaite pas appartenir.
Ce faisant, et de manière perverse, j’y appartiens.

La première des protections consiste à défendre notre droit à ne par débattre, dès lors qu’un tel enfermement se produit, la liberté de pensée en dehors d’un système ne se discute tout simplement pas.

Voilà le fondement de notre liberté.
L’obligation de pensée le système depuis le système ne peut jamais déboucher sur la protection de notre liberté.

Franck September 2023
Recueils / Participations/ Pratique

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