J’ai écrit quelque part entre ces pages que la vie est un jeu et que c’est dès lors que j’oublie la réalité de cette affirmation que je deviens triste.
Bien évidemment, je n’ai rien inventé…d’ailleurs, je n’ai jamais rien inventé. Je ne fais que remarquer, dans le champ de ma conscience, les phénomènes qui ont traversé et traverseront le champ de conscience des autres, ici et ailleurs.
Je découvre des choses que d’autres ont découvertes avant moi, tel un musicien qui pratique ses gammes, exercices, et improvise puis réalise soudain que ces doigts jouent une mélodie inattendue qui lui semble pourtant familière, bien qu’il soit incapable de dire où ces accords, cette mélodie ont été entendus auparavant.
La vie est un jeu.
La vie est aussi un voyage, de ceux qui n’ont pas lieu nécessairement dans l’espace mais sont davantage un mouvement temporel.
Il existe un voyage bien plus fascinant encore et il se tient caché au milieu du voyage : celui de l’un que nous sommes essayant de devenir quelqu’un.
Puis, un autre voyage, peut-être pour la personne qui gagne en sagesse, allant de la personne ayant une intention de mouler son future et agissant en ce sens au présent, vers la personne ayant cessé de travailler de la sorte, ayant cessé de tenter de devenir quelqu’un en particulier.
Il s’agit d’un voyage allant de la frustration au contentement.
L’attente que nous nourrissons pour le futur (lointain, proche, ou celui de l’heure, du quart d’heure à venir…), est l’essence de la frustration.
En termes Bouddhistes, « l’attachement est l’origine de la souffrance »
Rien de neuf.
Mais c’est une chose de lire cela des centaines de foi et de l’écouter de la bouche des enseignants de sagesse,
et c’en est une autre de réaliser soudainement alors que cette vérité éclot dans le champ de conscience.
©FJ May 2024
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