Dans une démarche spirituelle, que faire de cette volonté plus ou moins persistante ou discontinue qui consiste à ‘vouloir recevoir’ ?
De la même manière que le disciple dans sa vie profane peut être amené à nourrir une ambition professionnelle, cette même projection de soi-même le traverse alors qu’il est assis et guette le silence.
Reussir.
Être reconnu
Devenir quelqu’un
Etre un maître
Délivrer un enseignement
Il est difficile de ne pas reconnaître cette démarche comme composante de la simple progression
Le long d’une certaine tradition, au sein d’une certaine religion…
Devenir moine,
Occuper telle fonction
Quelle est la part de projection compensatoire ou de reproduction des énergies de souffrances connues dans la vie profane ?
Quelle est la part authentique d’abandon et de dévouement ?
L’une de ses deux composantes peut-elle être totalement absente ?
Comment l’un peut se muter en l’autre ?
Ou encore : espérer ne nourrir aucune ambition de ce type pour ne pas entâcher la “pureté” du parcours spirituel ou la sincérité dont tu t’affubles
n’est-ce pas, ici encore, une ambition que celle de ne pas en avoir ?
Une ultime contorsion du l’ombilic égotique au sein des tuyaux de la salle des machines spirituelles.
Laisser tout là
ne rien rien vouloir avoir
sans pour autant vouloir ne rien avoir.
