Les livres saints sont des pistes pour rencontrer Dieu,
La piste mène à Dieu,
Précisément, la piste conduit, pour peu que l’on ne s’égare pas en chemin, au point où la rencontre avec Dieu peut avoir lieu.
Dieu n’est pas la piste, Dieu n’est pas sur la piste,
La piste peut éloigner la rencontre.
La simple assise contient le point de rencontre, l’endroit sur le sommet de la montagne,
où souffle l’Esprit.
On peut être sur la montagne sans jamais s’asseoir une seul seconde à cette endroit,
La fleur du zen est le guide qui t’amène en ce point, en un instant.
Les dix mille pratiquants encerclent la montagne, serpentent dans les chemins escarpés ou s’endorment dans les grottes.
La première raison pour laquelle ils ne rejoignent pas ce point est qu’ils ne pensent pas cela possible.
Qu’en est-il du mérite ?
Qu’en est-il du chemin ?
Il y a une grande injustice à leurs yeux.
C’est peut-être cela, cette croyance ainsi que la joie de l’avoir traversée qui fait sourire le Bouddha et Mahakashyapa lorsque tournoie la fleur entre les doigts.
Et pourtant, sur la piste, de nombreuses indications décrivent l’au-delà de la piste,
L’en dehors du chemin, comme ultime point du chemin,
Mais tant qu’existe la croyance en la linéarité de la voie progressive
ces indications restent invisibles aux yeux des pèlerins, invisibles aux guides même.
Aussi, il faut qu’ils arpentent, de repère en refuge, les bornes du chemin.
Leurs croyances puissantes en la réalité de ce chemin, crée la poussière sous leurs pieds à mesure qu’ils avancent.
L’arrivée, le point de rencontre ne se trouve alors que lorsque cesse la croyance et que le chemin disparaît dessous leurs pieds.
©FJ April 2025
Recueils / Participation/
