L’une des expressions de l’impatience est la précipitation, plus quotidienne, et souvent valorisée par nos sociétés où la rapidité est synonyme de productivité et donc de gains financiers.
La précipitation est l’énergie en action derrière nos gestes, nos paroles, nos pensées. Dans ces trois sphères de manifestation, la précipitation est en réalité un renoncement, aux soins d’un renoncement ou une ignorance de la possibilité même de soin.
Le soin dans nos gestes, actes, le soin dans nos paroles et le soin porté à nos pensées. Le soin, n’est-ce-pas là le véritable matériel qui constitue ce qu’on appelle étrangement– je n’ai jamais compris ni aimé cette expression– de pleine conscience ?
Le soin que l’on porte à l’objet, aux mots, aux pensées, le soin n’est rien d’autre en fait que l’amour.
Permettre au corps et à l’esprit de soigner ce que l’un et l’autre rencontre, c’est donner, c’est faire éclore, ainsi l’amour à chaque geste, à chaque parole, à chaque pensée.
Cette impatience, souffrance, que sont aussi la colère, le mépris, la médisance, la brutalité, l’agressivité. L’impatience est en fait un raccourci de bêtise. Cette impatience provient de l’ignorance du plus grand. L’ignorance de la possibilité d’un plus vaste, l’ignorance de l’existence d’un infini qui sait, celui en la présence duquel, dès lors que l’on s’y abandonne, l’impatience disparaît et fait place aux soins, à l’amour.
En concluant ce texte, je pense à la citation de Therèse de Lisieux : « Dès lors que je ramasse un épingle avec amour, je commence déjà à sauver des âmes. »
