Celui qui prie en rabâchant les textes, parle rapidement et enchaîne les prières comme l’on s’empresse de réciter une leçon ou d’accomplir quelques tâches avant d’être libéré et de pouvoir à nouveau vaquer à une occupation,
ou encore, qui aligne les mots telle une toile de fond, tandis que son esprit s’affaire à des vagabondages annexes,
Celui là n’a pas encore compris que les mots qu’il enchaîne ainsi sont le guide d’une expérience intérieure séquencée en mouvements énergétiques, qu’ils viennent se suggérer à sa conscience, tels des wagons ou des canots successifs qui se présentent à lui à différents points de la rivière.
C’est en y posant sa conscience que ces mouvements intérieurs accomplissent leurs œuvres et embarquent le disciple pour ce pèlerinage intérieur qui se tient à chaque prière.
Sans l’attention dédiée, il n’emprunte aucune de ses montures et demeure tel un aventurier de salon de bibliothèque, toujours à parler de ses aventures à venir mais qui demeure sur la berge à faire défiler les piles de cartes et de récits les uns après les autres.
