Intime étranger.

Ce qui fait mon environnement peut, par souci de simplicité de représentation spatiale, se schématiser en cercles concentriques.

Telles des vagues oscillant au gré des vents de mes émotions, je suis ancré, avec plus ou moins de stabilité sur une plateforme de bois.
Pourrissante, donc…mais là n’est pas la question, si tant est qu’il y ait une question, car, tous, nous pourrissons de la planche.
D’un coté il y a donc moi sur ma planchette ridicule et bravache, et de l’autre, le monde. Si une telle division est possible c’est– non pas « grâce à » mais– du fait de la ligne de chaînes rouillées que forment et relient les bouées jaunes.
Beaucoup des soucis que je rencontre dans ce monde viennent de la proximité étouffante que ces chaînes me font ressentir.

Entre elles et moi, un espace de baignade confortable et surveillé, au delà, le large aux mille dangers.
Le besoin d’une intimité déchainée se lève avec le vent. Rien, puis un souffle, une bise dans le cou, une brise et de sauvages bourrasques ébouriffantes.

Repousser ces chaînes, doucement d’abord puis tant et si bien que je ne les aperçoive plus, qu’elles disparaissent de ma vue…qu’elles disparaissent tout court.
Faire confiance aux obscurités des fonds marins, à leur insondable potentiel de couleurs.
Que l’étranger soit intime, et l’intime étranger.

Franck Joseph


©FJ Jun 2015
Les articles et méditations sont disponibles en version papier ici : RECUEILS

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