Écrire, c’est se fourvoyer deux fois.

Il est vraiment étonnant de constater qu’il est bien plus difficile de vivre que de se voir vivre. Car les mots entrent en jeu.

Écrire c’est poser un écran, un bouclier, superposé à un autre.  Celui de la verbalisation quasi instantanée (premier écueil) puis celui de la restitution à posteriori (second fourvoiement) … qui maintient l’auteur à distance de l’instant véritable au profit de l’instant mort et restitué… écrire, c’est donc se fourvoyer deux fois, passer deux fois à coté de l’opportunité de se trouver; C’est aussi un geste noble (d’autant plus noble qu’il est inconscient): Son présent, l’écrivain sacrifie son plongeon pour que d’autres puissent se baigner.

Cependant, au sein même de ces dédales de boue,
La poésie est une voie de salut.
La poésie est la vraie nature des mots.
Les mots de la prose sont ceux de la conversation: des outils fonctionnels, pervers, inutiles, produits d’un esprit de copiste, d’un aventurier de salons.
La poésie injecte la vie au centre de ces mots. C’est par sa créativité compulsive, intrinsèque,  naturelle, qu’elle sauve les mots et ceux qu’ils traversent.
NiDr

2 commentaires

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s