De Deux Mains l’Une

         A coté de vous, maintenant ou ce soir, se tient une personne. Prenez-lui la main et voyez.

Non, non…ce n’est pas un effet rhétorique, c’est une injonction qui s’assume. Il faut qu’on sache de quoi l’on parle.
Ça y est?
Bon…

Y a-t-il en vous quelque chose qui lutte un peu? Qui fait rejaillir en une fraction de seconde les semaines, mois et années d’historique commun, réel ou fantasmé?

Sentez-vous aussi la force qui calcule, qui projette et planifie, influence à perspective variable, à l’échelle d’une vie ou d’une soirée?

Et qu’est-ce qui, plus fort que tout, vous insuffle l’urgence de lâcher cette main? Qu’est-ce qui chez l’autre vous pousse à refuser de tenir cette main une seconde de plus, ce qu’il/elle a fait,  n’a pas fait?

Ce qui vous renvoie à vous même? Souvent un flash de vérité dans un océan de mensonge… Sentez-vous poindre, chatouiller ou hurler? Comme un déni, comme un ego qui crie… Wait and see…

Si deux personnes se tiennent main dans la main, sont elles encore deux personnes?
Qui reste-t-il encore pour dire que les atomes de la peau de l’une n’entrent pas en contact avec les atomes de la peau de l’autre? Simple question.

Et quand les deux peaux se fondent en une et que l’enveloppe s’élargit, physiquement, ils ne font qu’un. Ce n’est qu’un critère de conscience qui fera la différence. Objectivement, ils ne sont qu’un. Libre à chacun de se perdre dans les méandres de ses fantasmes de réalités, dans les centaines de mondes parallèles qu’il cultive par ignorance et jeu crétin.

L’illusion, le Samsara… ça me sert à quoi?
Le Samsara, samsara rien….

            …Ici et maintenant, ils ne sont qu’un.

Et lorsque nous croisons, dans nos rues folles, cet homme, cette femme,
Qui reste-t-il encore pour dire que nos souffles mêlés dans l’air ambiant ne s’enroulent pas l’un dans l’autre? Comme les deux pétales d’un même lotus, deux jambes d’une même assise?
Et quand deux souffles se respirent, ce sont tous les souffles subtils qui dansent ensemble. Et ne font qu’une seule et même pulsation.

Dans toutes nos vies trépidantes et programmées, projetées ou à l’arrêt,
Frénétiques, désespérées, dépressives, studieuses et frustrées… Simultanément ou en ronde folle, combien sommes-nous encore à croire que nous marchons dans notre couloir, sans toucher l’autre, ni respirer personne?

Au point de se demander si nous avons un jour vraiment été une entité séparée ou si ce n’est pas là un jeu que projetons en temps réel sur notre expérience…

Franck Joseph



©FJ June 2017
Les articles et méditations sont disponibles en version papier ici : RECUEILS

 

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