les ‘putains’, les ‘cons’, les ‘chiants’, les ‘merdes’

Réunis en ce jour dominical, mes amis, ensemble, testons:

Voici un défi ludique et malicieux et, s’il vous chatouille de le relever, vous pourriez en sortir grandis de moitié. Sans artifices déployer, ni bourse desserrer.

Je vous propose de tenir votre langue. Pas littéralement (sauf peut-être dans les cas extrêmes). 

Je vous invite (pour les plus farouches), que dis-je? Je vous incite (pour les plus timorés) à cesser dérechef toute vulgarité —-langagière, entendons-nous bien; point n’est ici l’objet de refaire une éducation.

Sérieusement. Cessons, pendant 24 heures,  les postillons de mots réflexes qui jalonnent nos journées et sèment, en nos pas fatigués, frustration et perte de contrôle.

 Se sentir délesté par une saillie grossière, n’est que pure illusion…au mieux, et c’est rarement le cas, ces mots ne font de mal qu’à nous. Trop souvent, cette sensation s’accompagne de casse psychologique et de dégâts d’estimes. Ne pas le savoir est une sincère excuse…que vous venez de perdre.

Ces grossièretés langagières que nous employons au quotidien, sont les bulles nerveuses que notre magma en fusion « laisse parfois sortir  (de confuses paroles… »)

En cela, elles nous trahissent. Tant pis.

Une voiture bruyante qui laisse derrière elle des flaques d’huile et d’essence, des nuages noirs épais d’un moteur bougonnant qui rechigne à rouler.

Pourtant, ces manifestations plus ou moins résiduelles, sont autant d’occasions de saisir et de tarir la défaillance fonctionnelle qui en est la matrice.

Comme un papier qui tombe et que l’on remet dans sa poche pour le jeter plus tard dans une poubelle digne de ce nom. (Être digne du nom de poubelle, en voilà un mérite…). De la même manière que nous ré-orientons ces vulgarités comportementales, nous pouvons recueillir nos vulgarités langagières avant qu’elles ne souillent les voies publiques:

Les observer en nous quand elles sortent confiantes de nos cerveaux en feu. Voir à ce moment-là, le peu d’utilité qu’elles revêtent en dehors de la décharge énergétique qu’elles nous donnent l’impression de ressentir. 

Une pure perte car sorties du système, alors que l’on pourrait aisément les recycler.

 Ramasser des bribes d’insultes acerbes, en raboter les angles et construire un bateau, pour offrir à l’enfant. Par la même, lui apprendre à traverser les eaux agitées en appréciant le chaloupé d’une barque, qui par sagesse ne décide pas de tout.

Soyons concrets, voici comment procéder: 

– prenez tous les ‘putains’, les ‘cons’, les ‘chiants’, les ‘merdes’,
– ajoutez-y toutes les variantes vernaculaires ainsi que leurs dérivés personnels,
– placez-le tout dans une casserole et faîtes revenir sur le feu doux de la conscience,
– mélangez avec constance jusqu’à ce que vous constatiez la dislocation des lettres et la formation d’un liquide similaire pour chacune des marques d’agression verbale (un dépot acide jaunâtre caractéristique s’agglutine aux contours du récipient).
– observez, lors de cette dissolution, la grande fragilité et la croûte de souffrance qu’elles renfermaient.
– la surveillance à chaque instant est essentielle, prenez grand soin de cette mousse jusqu’à ce que l’ébullition la fasse totalement disparaître.
– repetez librement l’ensemble de la procédure autant que nécessaire.

Déguster ce breuvage en famille ou entre amis, et s’il le faut, en silence.

Allez dans la paix et dans la joie,
Un bon dimanche à tous…

Franck

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s