Passerelle

Et si l’éveil était un pont, une passerelle
pour passer du réel au réel
l’emprunterais-je alors ?

Un pied, puis un autre traverseraient
tranquillement le long des planches en bois
la réalité, en douceur, s’y étendrait.

Quelques pas suffiraient
à passer au travers
de l’écran de lumière

Les couleurs et les sons, étant ceux de toujours,
s’y propageraient autrement
 sans que je les entende, ils seraient entendus

Les formes et les visages sans être altérés pour autant
changeraient de substance et parleraient sans mots
depuis le fond des formes, souriant aux courants


Et si l’éveil était un pont, une passerelle

sans fracas, sans éclair, sans grondement
De la terre ou du ciel,

Il faudrait que les vents cessent un seul instant d’agiter mille objets
que les fumées épaisses des cigares, des alcools retombent suffisamment sur le sol
On la distinguerait comme un rêve éveillé, intime et partagé

Passerelle fragile, patiente, éternelle
Cordages évanescents, dans l’espace et le temps
se tissent au delà de nous, au delà de moi

 

Franck Joseph


©FJ Nov 2018

Dernier recueil désormais sur Amazon (e-book et papier):  Les Berges D’Éveil

Articles disponibles en version papier ici: Recueils

 

5 commentaires

    1. Bonjour Laurence (?)

      Merci pour ce gentil commentaire et cet enthousiasme !
      J’ai été lire la présentation sur ton blog, l’aspect miroir que tu décris m’est également familier.
      Je suis totalement en accord avec toi lorsque tu indiques que l’ensemble des formations universitaires « passe à côté de la dimension primordiale de l’humain »…
      A titre personnel, je regrette d’avoir dû perdre du temps dans ces couloirs de l’ennui avant de m’en rendre compte…
      Au plaisir de te lire ici ou là,
      Franck

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  1. La passerelle, c’est aussi le passage d’un monde à un autre. En l’empruntant, on change une peu de code. Change t’on au fond le message?

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