Tout, tout de suite.

Nous sommes des enfants gâtés, et ceci de deux manières :

-Nous voudrions tout, tout de suite.
Nous pestons, trépignons du fait de notre insatisfaction.
C’est le grand jeu de l’incrimination auquel on s’adonne, celui du ‘si seulement’, manifestation commune, incontournable de l’expérience de l’être chez les humains.

Cette insatisfaction peut aussi être érigée en valeur, en force d’arrachement à un conditionnement.
Souvent, pourtant, l’arrachement était aussi dans le conditionnement.
Semé le long d’un sentier occulte, donc occulté, le changement était en terre, et attendait le juste alignement de l’astre solaire pour se laisser apercevoir.

Mais là n’est pas le plus ridicule de la situation.
En dehors des sentiers parcourus par ceux qui frappent les cailloux d’un pied de colère, depuis les monts alentours où l’eau montre son cours, observons :

-Enfants gâtés, nous le sommes vraiment car, en réalité, nous avons toujours tout, tout de suite. Incrédules et ignorants, nous réclamons.

Dans l’instant, la joie,
dans la présence, la grâce,
pas de présence hors de l’instant
pas de joie sans grâce

Bénis à chaque inspiration
heureux à chaque expiration
quel obstacle à la vie allons nous encore imaginer ?

Dans l’immédiat, l’abandon
enlevez le média du vouloir-autre

Sous la machine infernale
Tout nous est déjà donné.

Franck Joseph

en lien : temps du mental


©FJ sept 2018
Les articles et méditations sont disponibles en version papier ici : RECUEILS

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