Testostérone : ‘Ce dont le monde a besoin…’ ?

C’est vraiment méconnaître la langue de la vie que de faire rimer testostérone et masculinité…


Quand la première diminue, la seconde s’affirme, et inversement.

S’il est quelque chose dont le monde des hommes n’a pas besoin, c’est bien d’un surplus de testostérone chez ses mâles vieillissants.
Le spectre d’action de cette hormone, complexe au demeurant, dépasse largement le cadre envisagé par les laboratoires pharmaceutiques et médecins incapables eux-mêmes de désinvestir la course folle à la jeunesse, ou pour qui l’intérêt du patient à très court terme tel que le patient le perçoit suffit, ou encore, ayant fait subir à leur éthique professionnelle un violent peeling…(1)

L’hormone tamponne mille domaines et déroule son action avec celle d’une multitude d’autres agents. Qui peut prétendre en saisir toutes les corrélations et synergies ?
Sa légère diminution fait partie du processus de maturation de l’être humain..
Lorsque, du fait de la main de l’homme en blouse blanche, les courbes de la testostérone et de l’age refusent de se croiser, cela donne lieu à une expression caractéristique de la vulgarité, permettant de souligner aux yeux du monde les problèmes-sources qui le parcourent : 

-lutte contre le temps
-course contre la mort
-embourbement dans la superficialité des relations humaines (“romantiques”, perception de la relation sexuelle sous le prisme des performances; univers professionnel (agressivité, compétition).

….c’est à dire le cocktail pervers des raisons pour lesquelles nous nous maintenons au niveau d’évolution collective peu avancé qui est le notre.

Par ailleurs, ces blocages donnent lieu à une multitude d’effets chaotiques inattendus, à la marge.

Pour contourner cet enfermement dans le prisme de la testostérone d’une manière paniquée, les individus se protègent comme ils le peuvent dans une société malade.

Quel que soit leur groupe d’appartenance — explorateurs à la frontière ou porte drapeaux de la testostérone, pour en avoir une vision pénétrante, il ne faut pas omettre de voir la grande souffrance qui anime ces êtres.
La stagnation de la société dans la bulle de testostérone n’est rien d’autre que le reflet de la stagnation de ses membres dans les problématiques égotiques : conquête/disparition, croître ou périr…

Reprenons : C’est vraiment méconnaître la langue de la vie que de faire rimer testostérone et masculinité..
Quand la première diminue, la seconde s’épanouit, et inversement.

(1) Il ne s’agit pas d’une attaque à l’encontre du corps médical bien sûr, mais d’une réaction au documentaire ayant motivé l’écriture de cet article. Au cours de celui-ci, un médecin approchant la soixantaine fait une apologie débridé de l’utilisation de la testotérone en complément supplétif aux manifestations physiologiques accompagnant le vieillissement masculin. Il se la prescrit aussi largement qu’il signe des ordonnances à ses patients en manque de « vitalité, libido…. »
A mes yeux le tableau est assez pathétique, au premier sens de ce terme. Cela me rend triste.
Par delà les commentaires de ce médecin et de ces patients se profile une caractéristique sociétale profonde.

Franck Joseph

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