Basses Grasses Sous Mes Fenêtres

Le volet qui claque sans interruption contre la vitre, fracassé par le vent de la nuit, cela ne me dérange pas.
La voiture au feu rouge dont la radio s’acharne à faire passer les basses au-delà de l’habitacle, et des murs de ma maison, cela m’irrite au plus haut point.
Qu’est-ce ca dit de moi ?

Objectivement, le volume sonore causé par la voiture est bien inférieur à celui du volet qui claque contre ma fenêtre….mais dans le véhicule, derrière cette radio, se cache un autre être humain, parfait receptacle à toutes les intentions de nuisance que je lui prête… je deverse sur le personnage des intentions de nuire à la hauteur de mon besoin d’affrontement.

Virtuellement, je m’echappe avec lui. Je m’échauffe l’esprit et fournit ainsi un éxutoire à ma colère refoulée.

Derriere le volet, le vent,
Derriere le vent, ..personne dont je puisse incriminer le faible niveau d’éducation, l’incapacité à questionner l’interet commun, balafré par ses comportements individuels.

Je pousse, j’oriente ces scénarios jusqu’à cornériser mon adversaire virtuel, jusqu’à le faire tenir sur la fine pointe de l’épine spacio-temporelle, où il n’existe et n’agit, ici et maintenat, que pour me nuire de la facon la plus pernicieuse qui soit.

Si je construis cela, c’est que ma colère est mature pour sortir.
Il faut qu’elle sorte.

En avancant, j’en viendrais presque à souhaiter qu’une voiture indélicate s’arrête au feu rouge de ma rue, que les voisins se fassent entendre, vite !, que quelques chocs extérieurs se produise pour cueillir cette colère à maturité…qu’une situation n’émerge pour que ma colère se répande !

J’aimerais que tout cela ne me dérange pas plus que le bruit d’un volet qui claque sur ma fenetre.

Désarmer mon opposant virtuel des intentions que je lui prête, c’est retourner les yeux vers la colère naissante, qui cherche à exister.

Faire porter au pilote toute la veulerie du monde, c’est détourner les yeux de ma colère.

A cela, je peux jouer longtemps. Cette colère est le bras armé d’une frustration sourde.
Ma frustration est la conséquence d’un rendez-vous manqué que j’avais fixé avec le futur : une ambition avouée ou non, elle est la conséquence d’un dés-appointement.

L’ambition est une volonté de contrôle des évènements, une canalisation des efforts en vue d’atteindre la validation d’un déroulement.

Habité de la sorte, elle est un trouble égotique.
Ici, la source des chaînes des décompensations menant à détester l’homme qui met sa musique au feu rouge. Il n’est en réalité rien de différent entre lui et le vent.

Deux résultats d’un enchevêtrement de phénomenes complexes, débouchant sur les deux manifestations (volet qui claque et voiture bruyante).

Cette homme et sa musique ne me veulent pas plus de mal que le vent et ses bourrasques.
Ils sont…bien au dela de moi.

Franck Joseph
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