S’asseoir à Côté

Quand je vois le nombre de personnes qui pratiquent la méditation depuis des décennies et qui sont toujours le jeu de leurs schémas.
Qu’après toutes ces années, je me prends encore les pieds dans les cordages tressés par mes pensées,
Je me dis, qu’il est aisé de s’asseoir à côté.

Comme on se met au volant d’un véhicule à l’arrêt, en faisant le bruit du moteur avec la bouche, certains zafus, peut être d’une plus mauvaise facture, semblent moins aptes à conduire où que ce soit les pilotes des séants avec lesquels ils rentrent en contact.
Ceux-ci s’assoient à vide ou à côté.

Je m’étais, lors d’un cycle précédent, déjà interrogé sur les spécificités des véhicules de la …

En observant tant d’hommes d’églises rompus aux pratiques et aux textes des écritures depuis la plus tendre enfance sans qu’aucune des vertus promises ne transsude leurs croûtes d’âmes.

Bien sûr, on pourra toujours objecter, et moi aussi, je m’y joins volontiers, que l’on ignore totalement l’état qui serait alors le leur s’ils ne s’adonnaient pas à ces assises, quand bien même, elles seraient à côté.

Il faut cependant noter qu’il existe une pratique-alibi, comme une religion de façade.
S’asseoir alors en suivant le mouvement devient la manière la plus sûre de ne jamais s’asseoir vraiment.

Qui oserait accuser celui qui s’assoit de ne pas s’asseoir ?
Est-il recevable d’invoquer la non pratique pour recadrer le pratiquant  ? Peu s’y risquent et puis, refuser de démonter cet alibi est la façon la plus certaine de solidifier le sien.

Il en va de la sorte en politique, notamment : chacun se tient et si l’un tombe, tous tombent.
Après un rapport de consensus souterrain, chacun continue à s’asseoir à coté de son zafu.

Il semble que ce soit là une posture confortable. Avec le temps cela devient une habitude et pour peu que nous croisions un nouveau venu qui s’assiérait sur le coussin, nous lui expliquerions, bouffis de cette monnaie de singe qu’est l’alibi multilatéral qu’il est dans l’erreur et nous recommenderions plus de ceci, moins de cela…S’il revient, il finira lui aussi à coté du zafu…

Qu’irait-il alors s’asseoir dans la sécheresse du désert qui entoure le coussin  quand il peut siroter le thé à l’oasis de son Coeur ?


©FJ Fev 2021
Les articles et méditations sont disponibles en version papier ici : RECUEILS

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