“Je ne sais pas ce qui m’a pris”

Il est possible d’envisager ce à quoi nous assistons depuis deux ans sous un angle différent :

Plutôt qu’une application concertée par des acteurs patiemment achetés, grapillés les uns après les autres par les tenants d’un authentique complot visant à soumettre le monde à leur vision d’horreur,
Plutôt que cette explication strictement psychologique, somme toute très pragmatique et matérialiste,
Ne s’agirait-il pas d’un authentique cas de possession ?

Non pas à l’echelle individuelle, comme lorsqu’un ‘esprit’ prend place dans un corps humain,
et que celui ci devient méconnaissable aux yeux de son entourage tandis qu’il exprime une personnalité étrangère, occulte…
Mais au niveau collectif.

Les acteurs des scènes politique, médiatique, artistique, culturelle, universitaire, professionelle et familiale sont réellement envoûtés.
Au sens etymologique, en-voûter : prendre les traits, rentrer dans les visages,
Ainsi, plutôt que de percevoir cette réalité que l’on nous inflige avec la circonspection infinie qui peut être la nôtre lorsque nous apercevons un tel changement, une telle arrogance de la corruption, de la bêtise, de la mauvaise foi, un tel déferlement de violence sur nos écrans, et dans les yeux de nos – anciennement – proches relations,
Envisageons cela sous la forme d’une possession transitoire.

Ces personnes ne sont plus elles-mêmes,
Elles ont cessé de s’appartenir.

Cet angle de perception peut être d’un grand secours car il permet de désamorcer les mécanismes de ressentiment, d’accusation qui mèneraient sans nul doute à un point de rupture définitif dans ces relations ou à des contre mesures erratiques, une fois que cet épisode autant grotesque qu’apocalyptique sera terminé.

Car cela se terminera.
Une telle tension n’est pas soutenable.
D’une manière ou d’une autre, cela se terminera.

Alors l’esprit mauvais qui s’est ainsi abattu sur les masses,
Celui auquel, pour des raisons relevant de l’action ou de la grâce (ou des deux à la fois), nous sommes constitutionnellement hermétiques, celui face auquel nous demereurons, envers et contre tout, contre tous, et oeuvrant ainsi à son ineclutable disparition, le groupe temoin.

Viendra le jour où, derrière les micros, sur les plateaux télé,
Devant leurs étudiants, face à leurs patients, à leurs collègues rejetés,
Assis aux côtés de leurs enfants, de leurs frères,
Toutes ces personnes retrouveront leurs esprits.

De guerre lasse, inapte à s’étendre plus loin,
Ou chassé à jamais,
Le monstre parasite, s’il n’est pas détuit, aura deserté.

Avant qu’ils puissent ‘recouvrer leur esprit’, le monstre informe les aura laissés vacants.
Le regard vide, encore groggis par le chaos que la tempête de vent nauséabond aura semé
dans leur demeure, alors qu’ils étaient absents.
Ils resteront là, plantés, hébétés.

Sauront-ils vraiment ce qui leur a pris,
Ce qui les a pris ?
Ce qui s’est abattu sur eux ?

Quelle est la mouche infernale qui les a piqués ?

©FJ June 2022
Groupe de Pratique
RecueilsParticipations

Un commentaire

  1. Tu décris tout simplement le Diable mon ami ! et oui, les élastiques trop tendus finissent toujours par rompre mais les dégâts sont alors substantiels. Bon courage à toi.

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