Le Désir En Carrés De Tissu

Un éclair
Transperce les strates de mon rêve.
Telle une aiguille de feu
Suivie d’un fil lumineux,
coud ensemble les carrés de tissus éparses et me donne à voir la pièce originelle

L’éclair du désir est une énergie pure
Chaque très court-métrage de la bande du rêve qu’il traverse
Lui donne une couleur particulière,
Un nom bien à lui : secret, ambition, création,

Et l’être que je suis,
Est cousu de désir,
De désirs, il est tissé,
Sous cette comète qui transperce,
Sous cette rivière qui irrigue les lopins,

Puisqu’au bout du désir,
Il n’y a rien d’autre qu’un autre désir,
Il se déverse sur une situation qu’il viendra colorer, vivifier
Jusqu’à la rendre exsangue et flétrie car le terrain-receptacle du désir s’épuise,
Le désir, lui, émerge pure et continue de serpenter vers une nouveau terrain,

Si j’observe bien le serpentage du désir,
Si j’en ressens l’acidité,
L’accroche ne se fait plus
Il perce un peu, ici et là,
Le terrain, en nappe hydrophobe,
L’encourage à rouler, ailleurs, plus bas,
A retourner dans la vallée.

Et je vieillis au rythme de ma terre, sans être scarifié des canaux du désir.
Dans ses formes éthérées pourtant, il subsiste.
Je ne le traque pas : ici, je ne le peux.
Ce soir.
..

©ndraw@protonmail.com Dec 2022
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