Sourate III, 133
« Pressez-vous vers le pardon de votre Seigneur et vers un paradis aussi vaste que les cieux et la terre, tel qu’il est préparé pour les croyants qui craignent Dieu. »
La Crainte
Il y aurait beaucoup à dire sur le verbe ‘craindre’ qui revient si souvent dans la Bible et le Coran,
Avant de revenir sur ce qui m’a paru si beau dans ce verset…
La crainte est une dynamique, un mouvement profond.
Elle est différente de la peur, qui est une manifestation momentanée d’un sentiment de mise en danger, impliquant une reaction visant à la préservation de l’organisme expérimentant la peur.
La peur est davantage de l’ordre de la possibilité de n’être plus (situation anxiogène soulignant la nécessité de préservation, de retour à l’état précédant l’intrusion de la peur…)
La crainte, au sens où je la lis, me semble bien représentée dans les mots de Jean le Baptiste lorsqu’il dit, dans l’Evangile au sujet de Jésus, « il faut qu’il croisse et que je diminue »
Un articulation nouvelle opère un grand renversement ;
même si « crainte » est le mot, il ne semble pas rendre compte d’une composante essentielle : l’immense respect qui naît face au merveilleux de Dieu.
La crainte est ce qui se produit en l’homme lorsqu’il réalise sa grande impuissance, qu’il cesse d’alimenter ses anciens modèles illusoires de toute puissance pour s’en remettre à plus grand que lui, à plus grand en lui que lui-même.
Ceux qui craignent Dieu sont ceux qui s’en remettent vraiment à Dieu.
Ceux qui ont vu leur petitesse et sa grandeur,
Ceux qui ont compris la folie de leur ancien fonctionnement,
Ceux dont le plancher du cœur s’est écroulé pour révéler les profondeurs.
Incommensurable, justement, du terme ‘crainte’, jaillit ce relief, cette perspective, cet espace inconcevable,
Le Royaume de Dieu, là où Dieu se trouve et attend ceux qui ne le craignent pas.
Le verbe ‘craindre’ est emplit de relief : c’est une aventure à couper le souffle, à l’abandonner.
‘Craindre’ est le verbe de l’abandon de celui qui a vu la dérision de ses gesticulations.
‘Craindre’ est un verbe de paix, d’harmonie, de grandes retrouvailles
Relief merveilleux,
Abandon salvateur
Harmonie retrouvée.
Craindre : un mouvement initial, à la lisière du territoire divin,
Celui qui craint se trouve à la porte de Dieu,
La crainte est une photographie du moment où l’homme passe un pied pour le poser d côté de Dieu.
La crainte est l’écarquillement des yeux avant de s’avancer.
Lorsque la crainte frappe le cœur de tout son merveilleux relief, le croyant ne peut qu’avancer vers Dieu dans un abandon salvateur, vers les retrouvailles.

Nice post.I subscribed. Have a happy day🍀☘️⭐️💝
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