Illusion De L’Environnemment

Il faut s’être extrait de la nature pour la nommer “environnement”.
Ce terme révèle un anthropocentrisme, puisqu’il consiste à qualifier relativement à l’homme tout ce qui l’entoure.

L’appellation “environnement” accélère la dynamique de réclusion, de retranchement de l’Homme par rapport à la nature, et, tout en maintenant une distance entre lui et l’environnement, affirmant ainsi sont statut non animal révèle également un aspect paranoïaque : l’homme est au centre de ce qui l’encercle.

L’agressivité projetée, attribuée à cette environnement n’est pas uniquement celle des possibles catastrophes naturelles et autres déchaînements des éléments, mais une forme de rappel permanent, comme un rôle de fantôme le hantant, rappellent à l’homme le subterfuge par lequel il s’est extrait de la nature.

L’existence en un pôle technologique, drapeau d’un progressisme scientifique sociétal n’est pourtant pas l’unique moyen qu’avait l’Homme d’être en tant qu’Homme.

Il lui était également possible de transcender l’animalité sans pour autant quitter la nature.
Par la sublimation, la contemplation, de développement de l’âme poétique, de la douceur des relations.

Il lui était possible d’incarner, de mettre au monde une nature apaisée au sein même de la nature.

L’extraction à laquelle il a consacré tant d’efforts n’est bien évidemment qu’une abstraction.
Elle ne se décrète pas par voie de langage. L’environnement élargi tolère l’arrogance humaine.
Nos esclavages technologiques font partie de la nature.
Au même titre que le mental fait partie de l’être en méditation.
Il croit en son autonomie, à l’effectivité de sa sécession, à la réalité de son pouvoir d’attraction.
Alors qu’il n’en est rien, tout cela est une bulle minuscule prenant forme dans un tout gigantesque au sein duquel elle finira par éclater.

©FJ March 2024
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