Une erreur commune dans la perception occidentale et/ou superficielle du Bouddhisme consiste à n’envisager l’absence de naissance et de mort que sous un angle matériel.
Ce n’est pas tant un travers ou un biais de perception qu’une incomplétude dans la description et les conséquences d’une telle absence de naissance et de mort (tel qu’énoncé notamment dans l’Hannya Shingyo, Sutra du Cœur de la Grande Sagesse).
Lorsque le corps prend forme et lorsque le corps s’éteint, les dimensions corporelles s’agrègent et se disloquent. Elles endossent une cohérence que nous apprenons à identifier comme “moi” puis, lorsque cette cohérence, cette cohésion s’éteint, chacune des parties constitutives poursuit son chemin, intègre un autre ensemble où la cohérence tout aussi relative dont il deviendra partie.
Pour autant les dimensions éthérées que ce corps est venu supporter (dont il a été le support), de la même manière, poursuivent un seul chemin, sur les chemins en accord avec les dynamiques définissent leurs mouvements. La conscience et ses strates, que deviennent-elles ?
Certaines strates sont tant reliées au corps lui-même qu’elles sont d’ordre quasiment matériel (au niveau cérébral notamment) et relèvent alors des évolutions abordées plus haut.
Nous voyons ici qu’une séparation matérielle / immatérielle, corporel / spirituel, est une démarche artificielle, fruit d’un réflexe cognitif de catégorisation.
La réalité de notre être semble s’aborder de manière plus crédible dès lors que l’on envisage sous un continuum soumis aux mêmes processus d’évolution.
Un lambeau de peau et la fine pointe de l’esprit, n’ont pas un traitement différent, en terme de nature.
La conscience profonde, à quoi retourne-elle ?
Vers où poursuit-elle son chemin ?
Poursuit-elle son chemin ?
S’il n’y a ni naissance ni mort,
ni commencement, ni fin,
il n’y a pas d’ici à là bas,
pas de linéarité temporelle et pas de chemin .
les phénomènes d’agrégation et dislocation peuvent-ils être abordés de manière statique ?
Depuis ce centre de conscience.
Du moins, il peut être pressenti depuis les strates profondes de la conscience.
Point d’observation de la danse des naissances et des morts, des commencements et des fins, des agrégations et de dislocations, et zones de sagesse, d’où l’on perçoit l’aspect scénique, illusoire, des danses.
Le temps qui enrobe de ses voiles, les danses de vie et mort, exerce une emprise décroissante à mesure que l’on pénètre les strates profondes de la conscience.
Le moi d’existence transitoire ne peut y avoir ses quartiers.
Il faut qu’il agisse et remplisse son rôle sur la scène illusoire ou pas.
Enfin , remarquons qu’en l’absence de cette zone de conscience, l’observation de l’essence de naissance et de mort ne peut avoir lieu.
