Le club de golf frappe la balle d’une brutalité sèche et la projette dans un espace éloigné.
La brutalité n’est pas précise, aussi la frappe est malhabile et envoie la balle s’échouer durablement en dehors du parcours, perdue dans les herbes hautes.
Là, qui viendra la chercher ?
Là, dans les herbes non fauchées du mental, la brutalité d’un évènement l’a projetée.
Combien de temps resteras-tu perdu dans cette végétation touffue ?
La frappe fut telle, que tu n’as pu comprendre.
Comment ou pourquoi ?
Recouvert de ces herbes folles, tu ne sais même pas où tu te trouves.
Tout est dense et durablement opaque.
Avec le temps, elles s’entrelaceront autour de toi.
Tu feras partie d’elles, tu oublieras tout du gazon fraîchement coupé, du parcours, du drapeau et du trou qui t’appelait.
L’assise est souvenir du départ avant la frappe malhabile.
L’assise est l’enfant qui accompagne son père, s’éloigne un peu car il s’ennuie,
Entre les bois, les fers, le green, les par et les handicaps,
Il met les mains dans l’herbe haute et trouve la balle, verdie par l’humidité et la stagnation des mois et des années.
Il a mis dans sa poche, sans trop savoir pourquoi et sourit en marchant.
Le pratiquant s’assoit sans trop savoir ce qu’il faisait là, avant d’être assis.
Il est à la fois le club malhabile, la balle projetée, les herbes abandonnées, l’enfant, la main, la poche,
Il est le sans-pourquoi qui sourit en marchant.
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