Avant d’aller m’asseoir en zazen(*), comme tous les soirs, j’interroge mon entourage et propose à chacun des membres qui le composent de m’accompagner.
Comme tous les soirs, j’y vais seul.
Depuis quelques jours, cependant, j’y suis rejoint par le chat,
Il entre par la moustiquaire entrouverte (qu’il me contraint à entrouvrir sous peine de la déchirer d’un coup de griffe aiguisée…)
Il hume la fumée d’encens, fait un bref tour dans le carton où se trouvent allumettes, bougies et fatras…puis s’allonge à mes côtés.
Pendant de longues minutes..
Il m’apparaît plus immobile que moi, puisque, alors que je lui jette quelques coups d’œil furtifs, lui, reste de marbre, tout au plus sa respiration s’observe à son flanc.
Lorsque nous parviennent les bruits des battements d’ailes des poules du voisin.
Lui, s’en va d’un bond et me plante tout seul dans la cabane.
Alors qu’en saisissant le crayon pour conter cet épisode, j’avais en tête l’idée de souligner que la différence entre le chat et moi est qu’en entendant les poules du voisin, je ne bondis pas, en en arguant de ma supériorité dans la liberté par rapport à mes instincts (ce qui est idiot de toute façon puisque sauter sur une poule pour leur planter mes canines en travers du gosier n’en fait pas partie), je m’aperçois que le chat m’est en réalité supérieur dans son adhérence aux ondulations de la courbe des instants.
Par ailleurs, en saisissant le crayon pour y écrire ces quelques mots, et céder à mes impulsions, suis-je vraiment différent de lui ?
Alors que je me questionne, le chat rentre à nouveau dans la cabane, je ne sais pas vraiment s’il a festoyé ou s’il rentre bredouille…
A nouveau, le revoilà allongé à mes côtés dans sa pratique la plus authentique.
La différence entre moi et le chat, c’est que lui ne se pose pas toutes ces questions.
En cela, n’est-il pas, ici, du moins, mon maître ?
*posture de méditation assise dans le Zen

❤
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