Au son du bol – 30/05/22 – 17h38

Je ressens très profondément, non pas au sens émotionnel, une proximité du feu sacré intérieur,
Celui où naissent les âmes en gerbes incandescentes,
que le principe selon lequel tout est dans tout, tout le temps
et dont la formulation semble incompréhensible mais jaillit pourtant, limpide, à mes yeux.

Tout est signe, tout est service, tout est présence.
Et rien jamais ne ment : la vérité de la cartographie du moment (temps + espace + acteurs)

C’est ainsi qu’il ne peut y avoir de destination,en tant que telle, puisqu’il n’y a rien à deviner, il n’y a que lecture de ce qui est, de ce qui ne peut mentir.


L’orchestration magistrale se condense en chaque note, de chaque instrument, c’est aussi là que réside le secret des vertus thérapeutiques du toucher conscient et de l’intention.

Tout est dans tout, tout le temps,
Tout est donné, maintenant,
Tout t’est donné, maintenant,

Il suffit que le micro-évènement rencontre une conscience ouverte.
La conscience s’ouvre la première fois à la faveur de cet évènement majeur ou insignifiant.
Dans cette dernière catégorie rentrent les récits du zen, de l’éveil comme suite au caillou qui vient frapper le bambou

Notons ici qu’il n’y a pas de petit évènement dès lors que celui-ci ouvre la conscience.

C’est ainsi que le bol cultivera l’attention,
C’est apprendre à lire, s’apprendre à lire, tenir le livre des mondes
Nous disons “toute est signe”, mais il n’y a pas de signe, ni de reflet
Seulement le Réel qui éclate à chaque instant.

Cela se sait lorsqu’il rencontre une conscience ouverte,
Sur une terre de conscience immature, le réel est le même, mais pas lu, pas reçu.

Il est confronté, analysé, maladroitement plagié, pour entretenir artificiellement dans le bocal du mental, et n’a de réel que le nom, car le réel n’a pas de nom, il n’a pas le temps, ni l’intérêt pour tout ce brouhaha.

Tout cela fait sens sans que la machinerie des concepts ne se mette en branle.
Immédiatement, il est normal que les prophètes en terre monothéiste disent que Dieu leur parle. Parler, rendre compte par la narration, cela se fait ainsi.

Normal alors de parler d’Esprit, de Logos, d’Univers, Réalité, Dieu, Source, Principe, mais cela n’est pas ce dont parle l’assise.

Il n’y a pas de mauvais coup de maillet sur le bol chantant.
Le son ne ment pas.
Ce son est, littéralement.
Celui qui le frappe, celui qui initie ce son est le son que l’on entend.

Le maître entend et lit instantanément l’état du disciple au son du bol, au pas qu’il utilise pour traverser le dojo, au timbre de voix, aux soubresauts des énergies qui précèdent la parole.
Il lit tout cela sans juger, il accueille le Réel au travers du disciple.

Le disciple est aussi le maître qui lit en lui et le maître est le disciple qui frappe le bol.
A ce niveau d’écoute, ils ne sont pas deux esprits.

A celui dont la conscience s’ouvre pour accueillir le Réel dans son explosion éternelle de sagesse, il ne reste qu’à joindre les mains, en réponse, en écho, en expression/écoute de ce réel

L’existence peut être parsemée de sons de cailloux qui ricochent contre le bambou.
Ou n’être qu’une pluie de cailloux merveilleux, pluie permanente dans le bambou de conscience,

Celui qui lit ainsi le monde n’a plus de livre à lire, quel qu’il soit,
Ouvrir le livre, cependant, c’est aussi lire le monde,
Laisser les tuyaux du réel se planter dans le cœur et écouter les enseignements couler.


©FJ June 2025
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