Prisonniers du Style

Enfermés dans une cellule individuelle, payée par nos soins, meubles livrés à domicile, par voies hertziennes expresses, me voilà, une fois encore, prisonnier du style.

A la différence que cette fois-ci, je le sais, ce qui est d’autant plus douloureux. Combien de fois n’ai-je pas arpenté, le menton haut, les murs de ma maison de redressement ?

Qu’il doit faire bon respirer le dehors. Sentir la vie sans écharpe interposée…mais tourner en rond est si rassurant, et les sillons qu’au fil des jours nous avons tracés s’empruntent avec tant de facilité…Au détour d’un reniflement, d’un regard en coin, d’un vêtement déchiré, d’un vocable mondain, d’une promotion guettée, nous nous terrons confortablement dans nos tranchées. Entre vers de terres, nous sommes contents, contents pour un rien, contents pour rien, contemporains.

Oh la belle promenade sous les miradors de nos semblables gradés, qui nous guettent par le viseur et grâce à nous travaillent.

Nous nous tenons par la barbichette, réciproquement garants du système de valeurs sur lequel l’autre fonde son comportement, son être, son identité.

A la même famille nous appartenons, quelque soit notre kit personnel. Ce ne sont là que des divisions d’apparence. Tous, embrassons-nous, reconnaissons-nous comme prisonniers du style.

Vaut-il mieux être le premier qui rira ou être celui qui rira bien le dernier?

Dans l’attente de la claquette, je ris, je ris.

Franck

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