L’artisanat, le Premier Métier de France

Combien de fois, pour le peu que nous nous observions un tant soit peu, allons-nous chercher des griefs auprès d’autrui afin de justifier notre comportement décevant ?

Question rhétorique : inutile de compter, cela rajouterait encore à l’auto-dénigrement déjà suffisamment alimenté par le processus mis en branle par cette question.

L’emploi de la première personne du pluriel est aussi rhétorique. Je ne m’adresse en fait qu’à moi-même par le détour miroir de la publication : C’est-à-dire que je dois bien parler à quelqu’un pour m’entendre me parler à moi-même… Mes facultés de dialogue interne doivent être au plus bas.

J’emploie donc un « nous » pour me déculpabiliser.

Car cette mécanique est déjà bien assez honteuse en elle-même sans que l’on ait besoin de pousser le sadisme analytique jusqu’à cette douloureuse vérité : si le grief auquel je fais appel afin de mieux justifier mon comportement lamentable n’est pas avéré, j’emploierai alors la même énergie à en façonner un avec toute mon expérience d’ « artisan-griéfeur ».

Plus concrètement, afin de me convaincre que mon manque d’investissement dans telle ou telle relation est purement justifié, il me suffira de tirer sur n’importe quel petit bout de laine, aussi effiloché soit il, dans le tricot de ma relation (ou non-relation) avec cette personne et de laisser venir le matériau jusqu’à ce qu’effectivement sous mes yeux, le chandail soit fort laid, ou l’écharpe inutilisable.

Je regarde à la loupe grossissante chaque défaut potentiel, qu’une remarque ou un comportement passé pourrait, éventuellement, sous telle ou telle circonstance hypothétique, actualiser. Et je me dégoute fictivement à fréquenter un tel individu imaginaire.

Ainsi, c’est bien normal, après tout que je ne passe pas voir cet ami, ou que je ne l’appelle pas, car il lui est déjà arrivé de montrer des signes d’impatience à mon égard, ou de manifester ce que j’aurais très bien pu, si j’avais été moins bien intentionné, interpréter comme un manque d’intérêt pour mon propos. Il aurait aussi pu ne pas partager mon repas…il a bien failli le faire une fois, d’ailleurs…c’est que lui, de sons coté, a de toutes façons peu d’estime pour notre relation…pourquoi m’investirais-je encore ?

Non seulement purement utilitariste, cette perception est aussi totalement révélatrice d’une image de nous, de soi…de moi.

NiDr

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