L’ Extinction au Programme

Si l’angoisse, ou sa manifestation plus quotidienne, le stress semblent ne jamais s’éteindre totalement, c’est qu’ils sont en réalité alimentés par un objet, puis un autre, et encore un autre. Ils sautent frénétiquement de support en support, dans une course effrénée contre leur propre extinction.

S’éteindre, ne fait pas partie du programme.

De cette propriété de continuité découle que la nature de l’objet importe bien moins que la présence de l’objet.
Ainsi, il n’est pas pertinent de déterminer l’ampleur de la gravité de la source-objet, et, que le support soit mineur (un accroc en vue dans l’emploi du temps professionnel) ou de plus ample importance (un problème de santé chez un membre de la famille), l’angoisse est souvent d’une intensité assez équivalente. L’énergie consumée à monter l’un ou l’autre de ces destriers est du même ordre.

Si son existence semble si peu menacée sur le long-terme, on peut alors se demander si l’angoisse n’a pas pour but de servir une stratégie psychique sous-jacente. Il apparaît à mes yeux qu’elle sert de très subtile et pratique excuse à une fuite de nous-mêmes. Par ses manifestations, elle nous sollicite entièrement, physiquement. Difficile en effet d’être à la fois stressé et concentré sur une tâche par exemple.

Comment réagir alors, si je ne peux supporter d’être présent à moi-même. S’offrent à moi deux stratégies: le divertissement….Allumer la télévision, consulter les réseaux sociaux….ou, autre choix, dont le cheminement semble moins transparent: angoisser, stresser, sur ceci qui arrive, ou cela qui est passé.

Je me divertis, je me fais diversion.
Je m’entertain, je m’entretiens dans le royaume de l’absence. Plus par habitude que par facilité, car sur le long terme le prix de ce choix est plus élevé que celui de la conscience. Un peu comme l’on fume par habitude plus que par plaisir, et qu’on le paie de sa vie.

Le choix stratégique du stress sera finalement privilégié par une personnalité fine. Car cette option laisse moins de traces à l’observateur que nous sommes. Du moins, les traces seront moins lisibles.

Cependant, au détour d’une accalmie, la pluie cesse et l’eau dans les talons des pas s’évapore. Le soleil révèle alors le chemin emprunté, et en creux, celui qui nous mène à nous mêmes. Au seul lieu possible. Au seul moment possible. A l’endroit où le lieu et le moment ne se distinguent pas.

 

Franck Joseph

 


©FJ aug 2015

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