Parasites

On ne se rend pas compte que les ondes émises par les gens sont parasitées de telle manière que nous ne pouvons jamais parfaitement saisir le message qui est le leur.
Avec des bribes d’ondes, des chutes de communications, nous construisons du sens, sans jamais saisir la profondeur et la réalité de leurs paroles.

Nous sommes tellement habitués à ce parasitage que nous n’en sommes même pas conscients, et pensons sincèrement que tel ou tel personnage de notre entourage est, au choix, arrogant, dépressif, drôle, intelligent, agressif… C’est la couleur, la teneur du parasitage ainsi que sa densité qui donnera lieu à la définition de ces nuances. Plus le parasitage est beau, plus l’on parlera d’intelligence. Plus il est épais, plus on trouvera l’interlocuteur agressif.

Mais le message de fond qui est si abîmé par les protagonistes, que l’on ne perçoit plus est pourtant infiniment identique quel que soit la zone géographique, l’origine sociale ou l’époque de l’émetteur.

Tous ces messages sont un appel à l’amour; tous il demandent une reconnaissance, une approbation de l’existence. C’est là le cœur du message universel, caché derrière des parades civilisationnelles, plus ou moins sophistiquées. Pourquoi apprenons-nous à ne pas demander l’amour directement, à réprimer ce besoin de reconnaissance? Est-ce le mythe de la sacrosainte indépendance, la quête d’une autarcie psychologie, qui ne peut être que de façade, de par la nature de notre condition?

Et, lorsque nous percevons ce besoin hurlant, étouffé par des tonnes de mousses d’habitude, c’est notre propre éducation, nos propres résidus civilisationnelles qui nous empêchent d’y répondre avec un naturel salvateur. Nous plaiderons le respect de l’intégrité de la personne en face de nous, la nécessité de ne pas l’humilier en lui renvoyant la pauvreté de sa condition lacunaire à la figure?

Pourtant, il me semble que c’est en y répondant par des détours alambiqués ou, pire, en l’ignorant (ou , pire encore, en feignant de l’ignorer) que nous humilions l’être en face de nous, le renvoyant à sa solitude et ajoutant ce faisant une épaisseur supplémentaire au sédiments de ces parasites.

NiDr

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