Le Rire de la Liberté

La liberté rit en vagues
taquines et chatouilleuses
ou déferlantes fatidiques

Elle rit de nous,
Castors crétins
Occupés à construire
Des radeaux de fortune,
Des barrages arrogants
Des nacelles à poissons
Morts.

zazen, l’assise, la méditation, samatha, shikantaza, dhyana, le lotus, vipassana…
…sont des mots qui ne renvoient à rien qui vaille la peine que l’on écoute trop longtemps.

A moins que l’on ne cherche à se perdre ou à trouver je-ne-sais-quoi.

Ni tibétain, ni japonais, ni bouddhiste, ni yogique,
Theravada, Mahayana, bikkhus et robes oranges…
…sont des boites où l’on met ses vieilles chaussures.
On les empile dans un placard. Ça peut toujours servir.
A force, ça commence à sentir le renfermé, l’inutile.
Beaucoup de boites et une seule paire de pieds.
Les chaussures n’apprennent pas à marcher.
Béni soit le va-nu-pieds.

Satori, rakusu, votre éminence, moine, bodhisattva,
Nirvana, tantra, vacuité, transmission…
Ces mots ne servent à rien.

Celui qui, par l’étude herméneutique, la pratique ostentatoire, la rigueur formaliste, s’attache à tous ces mots…
enchaîne la liberté qui lui est offerte.
il ne fait aucun prisonnier
si ce n’est lui-même.

Les eaux profondes et les vents salés effraient celui qui veut dompter.
Du bord de la plage, dessous son uniforme, protégé-déguisé, en retrait derrière les rochers, il parle des Bermudes, du Cap Horn. Il fait des schémas, agite les bras et semble parler aux éléments.
Piège à touristes.
Pirate de mobile home.

Le rire de la liberté
Explose les coeurs
Expose les peurs
Et déchire tout
En un seul bout.

Celui qui ne veut rien est seul comme à plusieurs.
Il nage avec l’eau et souffle avec le vent,
sur les plages comme au large,
sur la terre comme au ciel.

Franck

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