Effets Secondaires Désirables

Bien évidemment, la méditation présente de multiples bienfaits. Inutile de les détailler ici, ils sont placardés sur toutes les couvertures des magazines de bien-être.
Coutumiers des promesses au kilomètre sur papier glacé et des ficelles commerciales qui emballent ces cadeaux grossiers, prenons un recul salutaire.

Il est cependant fondamental– au sens premier, c’est à dire que cette position doit “fonder” notre démarche– de réaliser que ces bienfaits seront, au mieux, temporaires, si nous abordons la pratique méditative avec pour intention de les engendrer.

En clair, si, lorsque l’on médite, nous cherchons à produire cette sensation de bien-être, de relaxation, il y a une forte probabilité pour que celle ci disparaisse aussi vite qu’elle est apparue, ou ne se manifeste pas du tout, d’ailleurs. 

Nous en sortirons arides, épuisés, frustrés sur un coussin. Peut-être continuerons-nous de pratiquer, tant que cette pratique est socialement valorisée. Méditation de salon, assise d’agrément.


Au cœur de notre assise est l’acceptation de ce qui est.
C’est de cette non-démarche que naît le champ infini des possibles.

Il arrive que la méditation relaxe, apaise, remplisse de joie, mais s’attendre à ce que notre pratique génère ces effets risque de nous faire passer totalement à côté de la profondeur des perspectives qu’elle offre…
Bien sûr qu’un piano est un merveilleux objet de décoration. Il donne à votre salon une dimension de grandeur. Mais si jamais aucune main agile ne s’y promène, peut-on dire que nous connaissons le piano? Être un bel objet est une partie réelle de la nature du piano. Cet attribut est largement insuffisant pour commencer à esquisser la nature véritable de l’instrument.

Si nous souhaitons provoquer artificiellement un déroulement agréable, nous neutralisons instantanément le cœur même du processus.
Ce constat a l’apparence d’une contradiction que le langage est impuissant à résoudre.
Asseyons-nous plutôt et observons.

Rien n’est mécanique, donc. Il ne suffit pas de faire ceci ou cela pour obtenir tel ou tel effet.
L’application de techniques n’est pas suffisante. Il se peut qu’elle ne soit pas nécessaire. C’est aussi une sagesse que de laisser la place à l’inattendu.
Cela dépendra de l’ouverture de chacun et du chemin parcouru. Pas de règle.

Articles en lien :
Des bures chinoises, des récitations, des signes extérieurs de sagesse…

Franck Joseph

©FJ May 2018

Poèmes, recueils, articles et romans disponibles en format papier : LIVRES ET RECUEILS

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