Conscience et Cuisson 

La conscience arrête la cuisson.

Simplement se voir

Au bord des lèvres, la remarque cinglante ou la réprimande automatique s’apprête à franchir le rubicond du monde matériel.

Par manque de pratique, je ne parviens pas à faire acte de témoignage direct. C’est à dire que ma cuisine personnelle est moderne. Comme pour beaucoup des familles de la partie occidentale des terres, notre four est programmable.

Programmé, à peine les légumes rencontrent-ils les légumineuses, que la cuisson se lance.

Les mots traversent la frontière dentée.
Mais quelque chose est différent…la chaleur n’est plus tournante, et déjà elle décroît. Les mots de colère n’en appellent plus d’autres et l’emballement ne se produit tout simplement pas.

C’est la conscience qui a ce pouvoir sur la cuisson. Même si les mots sont prononcés — certains diraient : »même si le mal est fait »– ils perdent leur pouvoir et n’impriment pas le réel de la même manière.

Le bouchon de la cocotte minute a été ôté, et une douce vapeur de conscience envahit la pièce. Les engrenages habituels dérapent et patinent, la machine infernale tourne à vide.

Chaque dérapage verbal, s’il est imbibé de conscience est à lui-même son propre frein. Observez. Ayez le courage de la conscience.

Il peut sembler que ce soit trop tard… c’est pour cela que le courage nécessaire à l’expression intérieure de la conscience est d’autant plus grand.

Avant les mots, savons nous voir la pensée qui commence à fluctuer avec un peu plus d’amplitude ?
Voyons-nous comment les pics de ces courbes de pensées agrippent déjà les mots ? Pouvons-nous observez la machinerie qui pousse à trouver l’autre pour lui ‘dire ce qu’on a à dire?

Il existe un instinct plus profond que l’instinct combatif. C’est un instinct de paix.

Faire intérieurement un pas en arrière et voir la cuisson s’emballer et les thermostats s’exciter tout seuls, chauffés par leur propre chaleur.

Je sais où tout cela mène, je sais que l’impression qu’une tension se relâchera si je prononce les mots, si je nourris les pensées, n’est pas réelle. Quand tout est cuit, tout est cuit…

Si je m’assois, je vois celui en moi prêt à enfourner tout et importe quoi… Il disparaît. Finalement, quand tout est mangé, tout est dit et les convives partis, lui aussi s’en va.

Celui qui s’en va, mérite-t-il que l’on fasse taire le silence ?

Franck

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