Fonds Nocturnes

Ce qui acidifie la nuit
Lorsque le sommeil est fendu

Une brèche dans la nuit est ouverte, et l’état de sommeil, brusquement, prend fin.

La pensée glaciale se déverse alors
Dans le confort du bain de nuit
La surface se froisse de remous tourbillons
Le soleil de la lune n’enchante plus le fond.

Des litres et des litres d’activité psychique impulsive
Inondent le calme souverain
Et noient sans vergogne la Carpe Diem
Dont la langueur indolente ensemençait les tréfonds sableux.

Dénoncer le courant
Qui entaille la paix des riverains
C’est regarder le doigt
Quand il montre un chemin.

…Et manquer de vigueur lorsqu’il s’agit de se cramponner
Alors que les flots frigorifiques s’abattent sur le navire.
Les yeux restent fermés. Je ne cède pas encore à l’impérieuse nécessité d’habitude
Qui m’incite à rompre l’anti-charme de cette violente intrusion dans ma nuit.

En adolescence étendue, 
On brise ainsi l’angoisse
Du silence qui s’installe
En allumant l’inutile outil 
De verre et de plastique.

Avec une confiante résolution, c’est en fermant les yeux
Que l’on se confronte aux phénomènes intérieurs.
Les paupières closes, voir la réalité en face.

Et rester dans l’obscurité 
Est un choix éclairé
Pour l’enfant qui souhaite
Voir de l’autre coté de la peur.

D’où proviennent ces flots glacials, ces flux glacés qui s’engouffrent dans un demi éveil?
J’observe. Encore. Nuit après nuit.

Aventure en Terre Isolée.
Les éléments de paysages qui s’imposent, je ne peux m’y accrocher tant ils se succèdent inexorablement les uns aux autres, partie par partie, un bout de décor après l’autre, l’environnement se renouvelle sans cesse.

Par la fluidité parfaite, le chaos génère le chaos et l’acte I de la pièce à laquelle on me condamne à assister, devient l’acte II sans qu’aucun personnage commun ne puisse certifier une quelconque cohérence dans le scénario.

Fidèle à ma détermination, je ne me lève pas à l’entracte.
Je reste allongé et, les yeux fermés, je regarde.

La forme que prend le monde intérieur, sous les reflets contrastés des lumières nocturnes, aussi fascinante, séduisante, viscérale, réaliste, sidérante, effrayante, angoissante ou répétitive qu’elle soit, n’importe guère plus que les formes sculptées et absentes qui semblent émerger d’un amas de nuages.

Dans les volutes d’encens
Dansant voluptueusement
Se sculptent d’exotiques arabesques
A damner le hara 
Des femmes aux hanches d’or.

Les effrois se succèdent et, puisque leur potentiel d’ébranlement reste stable d’acte en acte, de pièce en pièce, de soir en soir, ils perdent leur attrait.
Au royaume du divertissement, la diversion est éternelle.

Tristesse scénique insondable quand derrière les décors,
Les costumes, les rideaux, les chants et la fumée,
Dessous les pleurs et les cris, au travers des étreintes et des heurts, 
Il n’y a que des gens qui font leur métier.

Et entre les pièces assemblées
De l’inutile outil,
Ruissellent les gouttelettes
Des entrepôts de sueur.

Rien d’effroyable en soi, mais un continuum magnétique, une force surdouée de l’attraction qui nous dérobe à la nuit et nous présente à nous-mêmes.

Ce qui mute, n’est pas un mutant, 
Ce qui mute, mute, inexorablement.

Une fois repérés les quelques ingrédients nécessaires à la confection d’une émission magnétique, une fois constatée l’universalité des caractéristiques quels que soient les canaux, les programmes, je peux éteindre la télévision, poser le téléphone.
Ce n’est pas pour autant que les émissions cessent. Mais que m’importe alors les bêtises câblées?

Une fois observés les mille monstres de fumée naître dans l’air hypnotique
Une fois brûlés les kilomètres d’encens, je peux voir la Chimère.
Les formes se dessinent encore mais celui qui y croyait
Est parti en fumée.

Ce qui prend forme,
Prend formes.
Sans yeux pour regarder
L’emprise glisse.

Le combattant s’épuise
Y avait-il combat?
Ou terreau favorable?
Ou scène disponible?

Dans la nuit
Ouvrir les yeux
Et sourire.

 

Franck

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