Le Ruisseau sans Nom

Le bouddhisme, le zen même, sont des freins sur la voie.
La simplicité de la vie n’a pas besoin de ces cartographies techniques que « proposent » les religions.
L’infantilisme de leurs cadres, les sinuosités de leurs chemins opacifient la destination.

Les pratiquants fervents se laissent enroulés dans les velours de leurs tissus.
Au plus, ils se complaisent dans les discours théologisants, dans les théories de circonstance, au plus les nœuds se resserrent sur eux et s’agrègent comme autant de boules denses.
Les religions et les pratiques institutionnalisées sont des écrans plutôt que des panneaux.

Et comment superposer le Bouddha de Bodh Gaya, celui de l’expérience, celui qui a su quitter les encadrements théoriques des religions de son temps, sortir des cadres rigides des pratiques ascétiques, d’une part, et celui qui, nous dit-on, a donné les consignes menant à l’élaboration du Vinaya d’autre part ?


 

Le bouddhisme, le zen même, ne savent rien de zazen, 
Zazen, ne connaît rien de la simple assise, 
La simple assise n’est pas la vie,

La vie, n’a pas besoin de la simplicité, 
La simple assise se passe très bien de zazen, 
Zazen n’en a que faire du zen.
Le zen n’existe pas dans la voie du Bouddha.

Et toi, pendant que tu étudiais le bouddhisme,
Pendant que tu pratiquais le zen,
Où étais-tu ? Que faisais-tu ?

Pendant que tu ne savais rien de tout cela,
Que tu n’étudiais pas le bouddhisme,
Que tu ne faisais pas zazen, où étais-tu ?

 

‘Faire zazen’ est très différent de s’asseoir tout simplement.
Faire zazen, ne pas faire zazen
Etudier le bouddhisme, ne pas étudier le bouddhisme
Quelle différence, dis-moi ?

Dans les deux cas, c’est ne pas être.
Faire zazen est peut être la moins souhaitable des activités, comme on s’assied à un mètre au sud de la frontière Etats-Unis-Mexique en pensant être Américain.

Celui qui se tient au centre du Mexique, au moins, n’a pas prétention à la nationalité américaine.
Il ne sera pas en proie aux conséquences quotidiennes des déformations de sa croyance erronée. (cf Deux Ecuries, un seul Discours )

Mais les frontières n’existent pas.
Ni Mexique, ni USA.

La vérité de la vie se passe des sutras.
Les mots des textes saints, avant d’être appelés ‘saints’
Ne sont que des mots.

Les religions, avant d’être appelées ‘pratiques spirituelles » sont des  a priori d’expériences.
En cela, elles n’ont rien à voir avec — et contribuent à éloigner de — l’expérience

Franck Joseph


©FJ sept 2018

 

Articles disponibles en version papier ici: Recueils

Un commentaire

  1. Croire est une graine qu’on porte en soi, elle est venue seule, sans avoir été trafiquée par les dogmes, se lier à l’un d’entre eux c’est plus croire, c’est s’aliéner. Ce n’est interdit, d’ailleurs ça fait plus d’adepte que de croyant au sens de mon croire…
    Merci d’être passé et abonné. Bonne journée.

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s