Prier ou Méditer ? (1/2)

Lorsque le priant prie
Et quand le méditant médite,
Il n’est pas impossible que leurs regards se croisent.


Le méditant observe sa nature réduite. Appelée tour à tour mode fonctionnel, être de surface, mental, égo, personne du quotidien, cette nature réduite est arrimée à sa nature profonde.

Depuis ce point central, irradié par la source de vérité, simplicité radicale, il observe les atermoiements et errances de son mental, les étouffements de son égo.

Le croyant, lorsqu’il « prie le Seigneur », observe sa nature profonde.
Vis à vis de cette nature, il ressent souvent un éloignement criant, d’ordre culturel, éducationnel ou douloureusement expérientiel, qui l’empêche de nommer « nature profonde » les vertus attribuées au « Seigneur ».
Par défaut, dans un premier temps et pour les raisons ci-dessus, il ne peut parvenir à vivre cette nature comme inhérente à son être même.
Ne quittant pas cette sphère de souffrance (nature réduite), il ressent depuis ce centre une énorme humilité et s’en remet totalement à Dieu, au Saint Esprit, au Christ…
Depuis les profondeurs de l’être, seuls à même de le sauver.

Ne percevant pas sa nature souffrante depuis l’œil de Dieu, il expérimente pourtant la bonté, l’amour de ce qu’il perçoit comme un ailleurs.
Sur cette onde distante, il applique un ensemble d’attitudes, de croyances, et un tissu de mots d’usage.
(A ce titre, beaucoup de méditants convaincus peuvent encore se reconnaître dans ces cramponnements extérieurs).

L’intériorité de ces expériences le mènera à une approche spirituelle tendant vers un non dualisme.
Le Christ est en lui. Dieu est en lui. Il n’est profondément nul autre que l’Esprit.

C’est alors que le priant, après des années ou après une seule prière… ouvre une voie de pratique : en souriant à l’Esprit, il laisser œuvrer un relâchement des tensions inhérentes à la plateforme depuis laquelle il prie.
Par ce relâchement, s’opère le grand rapprochement.
Ce faisant, les planchers s’ouvrent et le livrent aux embrassements du méditant.

Le priant se « reconnaît pêcheur » à cet instant, il abandonne le mental et prend appui en Dieu.
Le méditant, connaît avec une profondeur croissante les voies de l’égo. Seule une incarnation dans ces terres peuvent le rendre effectif.
Il doit se phénoméniser.

Le priant prie de la surface aux profondeurs
Le méditant médite du fond et habite la forme
Dans l’équilibre, la rencontre.

 

Franck Joseph

notes supplémentaires, cf Le Soi est une Personne (2/2)



©FJ oct 2018
Les articles et méditations sont disponibles en version papier ici : RECUEILS

6 commentaires

    1. Bonjour Marie,

      Merci pour vos (fidèles) commentaires, ainsi que le « reblog ».

      La prière profonde est méditation…
      Également, les vœux du méditant sont une honnête prière.

      Je ne suis pas spécialiste, mais en ayant entendu des personnes parler de la prière que l’on appelle ‘oraison’, il me sembler entendre parler de méditation.

      au plaisir de vous lire,
      excellent dimanche,
      franck

      J'aime

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