Intâchable

On ne peut pas totalement exclure la possibilité suivante:

Lorsque Jésus remet les péchés de la femme, en Luc : 7; 48, provoquant l’incompréhension et la suspicion chez les observateurs, en prononçant la phrase suivante : « Tes péchés sont pardonnés », il puisse s’agir, non d’une rémission performative, mais bien d’un énoncé à valeur informative.

En d’autres termes, ce n’est pas Jésus, qui brandit un pouvoir de pardon à effet immédiat…il s’approche et lève doucement le voile sur une réalité sous-jacente.

La teneur de la déclaration de Jésus serait proche de : « Je te fais savoir que tu ne peux pas pécher. L’endroit en toi depuis lequel tu constates ta grande détresse de pécheresse, fait la lumière : celle-ci n’existe pas.
Par ta sincère réalisation, cette détresse disparaît. »

A un autre niveau d’expérience, quand bien même cette réalisation de son statut de pécheresse n’aurait pas lieu, l’espace dans lequel ces soi-disant péchés se produisent est si vaste, si éloigné de nos sphères temporelles, que l’impureté n’est pas possible.
L’éloignement ne se constate pas en terme spatial ou géographique mais bien ontologique.
Il n’y a pas une sphère pure et une sphère impure, mais une sphère réelle et une autre, non pas irréelle, mais infra réelle.
Cela signifie qu’à un certain degré elle représente l’expérience de conscience de l’individu et ne peut être taxée d’irréelle. Simplement, ce niveau de conscience embourbé n’est qu’un reflet lointain et terriblement infidèle au regard du potentiel de réalisation.

Ainsi, on ne peut tâcher l’intâchable.
C’est un accueil divin :  un royaume au sein duquel le péché n’est pas (tangible).
Ainsi, n’étant pas frappé du sceau de la conscience, il ne peut exister et reste un sous- produit de l’ignorance du sujet.

Lorsque la conscience l’éclaire, il disparaît dans ce même mouvement, car ce ne peut être l’ignorance qui chasse l’ignorance qui chasse l’ignorance, mais bien la connaissance, la réalisation qui chasse l’obscurité de l’ignorance.

Alors, par sa parole, Jésus dévoile l’autre à sa vraie nature. Par ce bain de compassion, il confirme à cette femme qu’elle est de nature divine.
Ce n’est pas parce qu’il ne peut en être autrement que la joie d’une si éminente confirmation doit être moins intense.

Franck Joseph

article en lien :
Atterrissage d’Urgence
Tout est Souffrance, Joie du Bouddhisme.


©F.J oct 2018

Lien vers les Recueils en version papier :  RECUEILS

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