la Farine et l’Eau

« Que ta volonté soit faîte sur la terre comme au ciel »

Au cœur de ce souhait que l’on émet, il y a la non-différence.
Il n’est pas question que la volonté dont on souhaite l’exécution ne soit accomplie de manière différente selon qu’elle s’applique à la terre ou au ciel.

Le mouvement qui sous tend cette parole de prière est un mouvement d’unification.
Il s’agit pour l’homme qui se recueille ainsi de se laisser unifier par la présence.

La terre et le ciel comme territoires intérieures.
La terre est le concret, le matériel, le physique, le corporel,
Le ciel est l’éthéré, le subtil, le spirituel, le divin.
L’unification appelée de nos vœux ne laisse pas de place pour la demie mesure.
Le processus d’union porte en lui-même une intransigeance qu’il nous faut remarquer.
L’union est binaire. Elle est effective ou ne l’est pas.
Il faut pouvoir peser toute la radicalité, la joyeuse démesure vers laquelle on oriente notre âme en prononçant ces mots.
Ne plus être un corps, un esprit, devenir un, ici.

La terre, le ciel, comme espaces du monde
Unis dans un même abandon face au souffle chaud de la volonté.
Sur la terre comme au ciel, comme le souhait bouddhiste dans les 10 directions, l’envolée vers tout l’univers des vœux de bonheur et d’épanouissement.

Ce second niveau d’émission, comme une sur-fréquence, vise à l’application de la sagesse sur l’ensemble des territoires, physiques et au delà, concrets et subtils.
Nous pouvons y lire le même élan que celui des dix directions dans la bouche du pratiquant zen, lorsqu’il entonne :

Ji ho san shi i shi fu
Shi son bu sa mo ko sa
Mo ko ho jya ho ro mi

A tous les bouddhas passés, présents et futurs dans les dix directions,
A tous les bodhisattvas et les patriarches,
Le sutra de la Grande Sagesse qui permet d’aller au-delà.

Par ce souhait, cette sagesse aimante devient le liant qui unifie le corps, l’esprit, la terre, ciel, et tous les êtres.
Liant entre les différentes parties de notre être.
Si la volonté divine s’étale dans la totalité des sphères intérieures, il n’est rien qu’elle n’intègre pas.
Par cette disposition de l’Esprit, nous saisissons l’intelligence de ce doux assujettissement à la volonté .

Par l’équanimité de ces champs d’application, elle se situe au delà du bien, et du mal en cela même qu’il n’est plus rien que l’on puisse appeler ‘mal’.

Enfin, en nous, en notre cœur intime, là où la terre et le ciel se rencontrent et se croisent.

Franck Joseph



©FJ oct 2018
Les articles et méditations sont disponibles en version papier ici : RECUEILS

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