Méditation et Gueule de Bois

Par delà les pensées folles

Respirons ensemble quelques secondes :
Inspiration : 3 évasions.
Expiration : 3 escapades
Puis retour en cellule…encore tout ébouriffé des bourrasques hurlantes.

Où est la liberté ? Dans l’échappée belle des pensées ?
Ou dans nos cellules, habitées ?

Gueule de bois

Il y a dans l’expérience méditative quelque chose qui ressemble à la gueule de bois : la soirée était sympa. Le réveil du lendemain sonne et les yeux s’ouvrent sur un horrible mal de tête.
Parallèlement, alors que je reviens des chevauchées faciles sur les montures qu’offrent les pensées, j’éprouve un sentiment de regret pour m’être à nouveau fait happer par ces ‘amis de soirées’, voyant qu’en dépit des terres artificielles visitées, ils ne m’ont en réalité mené qu’à davantage de fatigue et d’illusions.

Pourtant, inspirer de nouveau, comme si de rien n’était,
forts d’une foi dans l’insoupçonnable issue de la quête.
Mille fois, sur le métier, remettez votre ouvrage
sans fonction à assurer, ni œuvre à accomplir.

Parviendrons-nous, un jour à ressentir les brises capiteuses de l’évasion sans les chevaucher de l’ardeur juvénile qui nous caractérise aujourd’hui alors que nous comptons, encore et encore les respirations, assis comme des bodhisattvas en mouvement ?

Il faut que les grilles soient ouvertes pour ne plus vouloir s’échapper.

Ainsi nous sommes en mesure de sentir les parfums plus ou moins grossiers portés par les vents lointains sans exprimer notre volonté futile de les saisir entre nos doigts.  .

Le geôlier

Les clés de la cellule, à qui les remet-on ?
Aux mutins ? (les pensées)
Aux lutins ? (les penseurs, les ‘conseilleurs’)

C’est ce que nous faisons en axant notre pratique sur le contrôle des pensées. En cherchant à serrer la bride, nous les rendons assoiffées de plaines sauvages et de chevauchées chaotiques..
Laissons là les chevaux.

Permettons aux pensées d’exister, offrons leur l’espace.
Lorsque nous recevons des amis dans le salon, nous laissons les enfants aller à l’étage sans prêter attention à leurs conversations ou à leurs jeux, occupés de que nous sommes avec nos sujets d’adultes.

Soyons matures et laissons les pensées être ce qu’elles sont.
C’est tout notre mode d’existence que cette petite analogie invite à reconsidérer.
Il n’est pas improbable que nos structures actuelles chancèlent face au grondement du renouveau.

De la mesure et du discernement

Le fer forgé d’une discipline parentale sourde, pousse la jeune fille brimée à s’évader avec le premier venu.

Le cadre rigoriste que l’on s’inflige souvent, en maintenant sur soi les grilles de la pratique fermement refermées, attise les bises lointaines et les attire en nos contrées.
En les suivant, l’une ou l’autre, au gré de nos tranches de vie, ou toutes à la fois, à la faveur d’une assise chahutée, est-ce cela, notre liberté ?

Les grilles ouvertes, les murs de la prison se colorent doucement et la peinture en profondeur imbibe de joie les structures bétonnées.

Dans le refuge de l’instant coloré, il ne peut y avoir détention.

La liberté d’aller et venir pour les pensées ouvre notre conscience à leur immaturité et permet aux grands souffles de les réchauffer pour qu’elles cessent d’agiter leurs grelots carcéraux.

 

Franck Joseph

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La Maturité Spirituelle


©FJ Nov 2018
Les articles et méditations sont disponibles en version papier ici : RECUEILS

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