Découper le Ciel

La spiritualité est la lumière projetée sur l’écran du ciel. Toute la lumière et tout le ciel.
La religion est un découpage en portions de cette projection de lumière.
Elle est à la spiritualité ce que les carrés de fromage du frigo sont aux rivières de lait de la Terre Promise.

La religion se caractérise par une coloration spécifique de son cadre référentiel : couleurs mélodiques, usages langagiers, vestimentaires, atmosphère mentale.

Et dans ces sédiments, il est aisé de succomber à la fascination formelle, de se laisser prendre par les sables quand l’eau se retire.

Ainsi ce spectre est découpé en une multitude de portions de couleurs particulières .
Ce ciel est le ciel, celui de notre psychisme, de notre cœur, de tout notre être.
La lumière, quels que soient les prismes qu’elle traverse est toujours la lumière. En amont des prismes, elle n’est pas impactée par notre ingénierie de filtres.

Elle n’est en rien dénaturée par les couleurs ou les découpages que l’on en fait.

Les religions sont des outils de saisie.
En tant qu’outils, elles sont moyens.
En tant que saisie, elles sont transitoires.
La religion est un moyen transitoire.

Une condition parfois efficace, non nécessaire, non suffisante.

Il se peut que sans nos artifices, la lumière soit trop pure, ou trop forte et son spectre trop large.
Les cadres et filtres de couleurs qu’elles peuvent fournir agissent alors tel un édulcorant.
La problématique que l’on peut rencontrer est celle d’un attachement potentiel à la douceur ajoutée par ces édulcorants culturels, familiaux, historiques….
Cet outil facilitateur n’est pas à rejeter au motif qu’il occulte la réalité de la richesse de la lumière.
Celui qui a perçu la lumière en déconstruisant les couches filtrantes, culturelles, conceptuelles, devient capable de percevoir la spiritualité, de la vivre par delà la religion.
L’aspect le plus délicat, celui envers lequel il lui faudra veiller à ne pas devenir vindicatif, est le bruit de fond émis par les contemplateurs de la vision rétrécie, n’ayant pas pu approcher la lumière dans l’ampleur de son ouverture sans ces recours.

Il est possible que la compassion envers l’ignorance-source suffise à recueillir, à éponger ce type de réaction.

Habiter la lumière, parfois
Laisser notre ciel s’éclairer, souvent
Boire l’eau de la source, sans retour

Et dans l’eau courante, goûter la source.
Dans le ciel de nuit, voir le soleil
Accueillir l’étroitesse, largement

qtaapak

Franck Joseph


©FJ sept 2018
Les articles et méditations sont disponibles en version papier ici : RECUEILS

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