Comme Si…

Entendu un après-midi d’octobre :
-« C’est quand même ma vie ! Je fais ce que je veux avec. »

Comme si le petit spectre de nos choix n’était pas balayé par les puissantes tornades de la large vie…
Comme si j’étais en mesure de savoir ce que je voulais et de proposer une stratégie me conduisant là où je veux aller…

Il est assez triste de penser que l’on a la main sur la vie.
Ce que l’on peut faire : précisément cultiver l’absence de vouloir faire, et préférer jardiner un espace d’accueil et d’adaptation,
L’acceptation molle que l’on prône allègrement dans les cercles du développement personnel n’a rien à voir avec ce qui est proposé ici.

Franck Joseph

©FJ May 2019

Les articles et méditations sont disponibles en version papier ici : RECUEILS

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3 commentaires

  1. Il ne s’agit peut-être pas d´avoir la main sur la vie. Ni même de cultiver l’absence de vouloir faire. J’arpente un petit sentier qui sillonne le monde à la croisée du grand vouloir et du grand non-vouloir. Ce qui apparaît à celui qui se tient en sa demeure la plus vaste, c’est que la vie et lui sont un. Que ce Je majuscule du Soi, dont la saveur n’a rien de commun avec le je du petit en nous, est un avec ce que les traditions nomment divin. Entendre ce flux délicat, en ressentir l’intelligence pleine permet de faire advenir dans la forme un vouloir d’une belle qualité, qui peut amener (je l´ai vécu) à remanier une trajectoire de vie. A changer – ô sacrilège ! – des plans initiaux d’avant la venue au monde, qui présidaient à quelques éléments d’un destin. Pas sur un coup de tête, ni sur de foireuses motivations. Non. Mais toujours dans un infléchissement doux du coeur qui entend, comprend, accueille. Nous avons la possibilité d’être maîtres de nos vies à un point tel que nous en tremblons. Vite, vite… Laisser choir le vouloir trop vite empêtré dans cet ego qui se faufile partout… Et pourtant. La qualité d’un vouloir debout dans l’être m’apparaît d’une belle synergie avec l’abandon à, le laisser faire, la dépose dans le vaste… Tout est affaire du plan où nous nous tenons dans l’instant. Quand le vaste oeuvre par-dedans et à travers, il rigole de restreindre ce vouloir… Et va son chemin, confiant, s’en foutant pas mal au fond de toutes ces précautions. 😉🙏🏻 Gaëlle

    Un merci en passant pour cette intelligence vive et sobre qui transpire de partout dans tes textes (je me permets le tu… j’espère que ça ne gêne pas…). Voilà qui donne matière à entrer en résonance, à dissoudre d’autres illusions, à agrandir le territoire. C’est vraiment une belle découverte.

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Gaëlle,
      Merci pour ce message ainsi que pour ces lectures soigneuses.
      (Non, le ‘tu’ passes sans accrocs…)
      J’ai récemment parcouru quelques uns de tes articles et ai été séduit par ce cocktail fraîcheur/franchise qui saupoudre une intrigante finesse de perceptions sensibles.
      Il faut que j’en lise davantage.

      Je pense comme toi que tout est histoire de plan…A celui auquel cet article est écrit, celui des lecteurs fantasmés lors de sa production, le vouloir faire siège dans le petit je.
      Effectivement, en s’asseyant dans un autre plan, tout cela n’est que considérations de grand mères, de grimoires, de grammairiens, …sans grand intérêt pratique puisque précisément, la nécessité d’expliquer le monde a fondu, rendant les mots inutiles, interchangeables, évanescents…comme une blague potache et un rire gras portés par un vent de terre.

      C’est pour cela que je n’ai aucune prétention à la solidité ou à la cohérence d’ensemble à laquelle ces textes accolés pourraient laisser penser que j’aspire. Ce n’est vraiment pas à cela que je souhaite consacrer mon énergie, préférant laisser se poser sur mes carnets, puis à l’écran les quelques gouttes de pratique qui ruissellent comme bon leur semble. J’imagine qu’ici nous sommes en accord : tout ce pinaillage terminologique est un énorme piège où il est aisé de se laisser entraîner. Elle est pourtant légion le long des filets de nos réseaux (sociaux, communautés de…)

      En réalité, cette cohérence, je m’en méfie, je la fuis : il me faudrait alors re-cimenter ici, et colmater là bas. Très mauvais bricoleur, je préfère les promenades champêtres et les longues marches en bord de mer.
      Et pour qui est prêt à poser ses outils cher payés, il est même possible qu je m’y laisse accompagner.

      Ce sont mes enfants, imparfaitement éduqués (souvent impertinents, voire irrespectueux, d’ailleurs). Comme pour l’éducation : on fait ce qu’on peut, avec ce qu’on a, au moment où ça se présente, et puis on avance.
      Comme les enfants, ils m’enseignent en retour…

      A bientôt
      au plaisir d’échanger à nouveau
      f

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