Le Couple Vie/Mort

Avertissement : ceci est un texte à l’étrangeté croissante.
Soyez libre de sauter en marche aux premiers signes d’inconfort.
Ou de poursuivre


On pourrait percevoir une forme de simplisme dans la dichotomie VIE/MORT.
Et l’on ne se tromperait pas.

Il s’agit d’une catégorisation apparemment antinomique, relevant de nos structures archétypales profondes, dissociant la mort et la vie.

Il y aurait quelque chose de mutuellement exclusif. D’un côté, ceux qui défendent la vie et fuient la mort…de l’autre côté, pas grand monde, en réalité – si ce n’est quelques adolescents fascinés par l’identité de marketing de niche (gothiques et associés).

Au sein de ce couple, souvent, la vie est ce que nous voulons, c’est à dire la vie que nous connaissons (celle que nous sommes en mesure de connaître, selon notre niveau d’expérience de cette vie), et la mort qui est ce que nous rejetons, celle qui nous attend autant qu’elle nous effraie.

Il est difficile de ne pas voir dans cette lecture de l’univers une forme d’infantilisme stérile et binaire, du type : la vie, c’est bien et la mort, c’est méchant.

Dans cette vision, le monde s’évalue à l’aune de ce que l’on connaît, cela même que l’on veut garder. Cette façon de percevoir les choses ne peut donner lieu à l’expérience d’une ouverture quelconque.

Plus facilement, je propose d’y voir une superposition, une simultanéité — si tant est que ce mot ait un sens dans un contexte supra-temporel– d’expérience.
Une façon d’embrasser le continuum d’existence(s) de façon élargie.
Cette perception implique une redéfinition radicale des concepts que nous brassons au quotidien : vie, mort, temps, espace…

Il est possible d’être vivant et d’avoir la connaissance de la mort, d’être « revenu d’entre les morts ». La mort, s’expérimente à différents niveaux, dont la mort physique, même si elle est dépendante d’échéances inhérentes aux modalités du corps physique, n’est qu’une des résonances.

C’est peut-être cette expérience décloisonnée qui est/a été celle des grands maîtres et bodhisattvas au travers des époques et des pays, celle dont font état les textes des différentes traditions.

Certains ont pu la traverser dans un sens puis dans l’autre, et enfiler les vêtements subtils afin de s’y mouvoir selon les usages…et de permettre aux vivants conventionnels, de les percevoir à la hauteur des leurs capacités de perception.

Franck Joseph

©FJ June 2019
Les articles et méditations sont disponibles en version papier ici : RECUEILS

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