La Fin du Monde

J’aime beaucoup cette expression que l’on peut entendre prononcée par une voix off qui se pose gravement sur les vidéos des documentaires catastrophistes…et — sombre présage —  depuis plus récemment sur les documentaires généralistes et scientifiquement objectifs.

« The end of the world as we know it »….
Je la rapporte ici en anglais, car elle me semble contenir plus de graves que dans sa transcription française, physiologiquement plus pimentée par les médiums : « la fin du monde tel que nous le connaissons ».

Cette expression peut, dès lors que l’on s’approche un peu avec le bistouri de la conscience, paraître stupide : en effet, derrière ce « tel que nous le connaissons », se cache en effet en potentialité, l’ensemble des éléments suffisant pour invalider le sombre lyrisme de la première partie « la fin du monde ».

Un aspect positif peut être trouvé à cette propriété contradictoire et aider à dépeindre une réalité de ressenti, une réalité ressentie si nous l’appliquons à notre vie.
Testons l’expression et voyons :

« La fin de ma vie telle que je la connais ».

Voilà qui correspond à l’évolution des forces en moi à mesure que le vieillissement me gagne, à mesure que le vieillissement me perd, ou à mesure que je cesse d’être en guerre contre le vieillissement qui, rappelons-le, gagne toujours à la fin.

La contradiction qui dézingue tout catastrophisme dans l’énoncé appliqué au monde est un puits de renaissance(s) dans le sentier qui concerne ma vie.
Le constat est pourtant le même : à chaque instant, je vis la fin du monde tel que je le connais.
La fin de ma vie, telle que le la connais : ce n’est donc pas la fin de ma vie, mais un tremplin vers l’après-vie dans cette vie.

Retournons la phrase : c’est le début de ma vie que je ne connais pas.

Seule nécessité : être capable de lâcher la vie que je connais. De fait, je la lâche : elle est déjà partie à l’heure du constat. Mais la fiction en boucle qui me montre à quel point la trépidant jeunesse n’est inexorablement plus, suffit à occulter la vie qui vient.
Et la vie ne se stocke pas pour plus tard (cf. stocker Dieu) : elle se perd.

Il est possible ici d’extrapoler vers un propos plus politique en appliquant ce constat au premier terme du parallèle : il est peut-être temps de lâcher le monde que nous connaissons afin qu’advienne celui que nous ne connaissons pas.

Ce n’est pas réellement le propos de cet article. Je laisse à l’esprit du lecteur les déroulements consécutifs.

La vie, notre vie, ma vie, émerge à chaque instant. Toujours et en tout lieu »,
C’est bien la fin de ma vie. Nul motif à tristesse cependant.
Une pratique de largage pour accueillir la vie qui vient.
Alors, à chaque instant, je fais le constat apaisé des forces en moi qui portent et accueillent un renouveau.

Article en Lien : Stocker Dieu

Franck Joseph

©FJ Mar 2019

Les articles et méditations sont disponibles en version papier ici : RECUEILS

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