La Pauvreté du Riche – ‘Conascendance’

Il y a parfois davantage de misère chez la personne bien née que chez celle issue d’une classe sociale modeste ou défavorisée…
C’est assez inattendu, mais le verdict est profond.

La personne modeste peut ainsi initier une plus grande capacité d’empathie, alors qu’elle n’est souvent que le réceptacle de la condescendance de la part de l’aisé, du possédant.

A bien y regarder, ce sentiment s’exerce à l’envers depuis le pauvre vers le riche, sous une forme inversée et positive, une con-ascendance.
Sa misère, ce qu’elle a d’à la fois triste et misérable, réside dans l’inaccessibilité, pour cette personne financièrement aisée de ce qu’elle ne peut appréhender, de la simplicité de celui qu’elle méprise pour ses origines. Elle ne parvient pas à voir au delà des critères d’appartenance sociale. 

La personne issue d’un milieu plus humble est pour sa part capable d’embrasser l’artificialité dans laquelle l’autre évolue sans s’en rendre compte.
Bien que l’un et l’autre soient enfermés dans leurs représentations, il me semble que le pauvre est davantage capable de percevoir le riche derrière le cadre de son statut. Son degré d’enfermement est moindre.

Il peut se sortir de ses conditionnements pour aller à la rencontre de l’autre dont il perçoit la souffrance, la prison de verre et les barreaux dorés.
A cet instant, il cesse d’être le pauvre et voit d’humain à humain, d’être à être.

L’autre (appelons-le ici « le riche ») ne la perçoit pas tant il souffre, pour sa part, de l’absence d’un point extraction de sa condition pour pouvoir l’observer. Cette incapacité à se mettre en relief est caractéristique de la personne bien née.

A choisir la liberté se situerait alors davantage du côté de la pauvreté.
Nous le savons depuis plus de 2000 ans, les choses ne sont pas nécessairement si tranchées puisque nous pouvons faire l’expérience de la pauvreté « en esprit », créant ainsi une décorrélation entre les moyens financiers et ce que nous pourrions nommer l’abondance du cœur.

La richesse serait alors un critère d’identification bien plus puissant, plus profondément enraciné que la pauvreté. Voilà la pauvreté du riche.
Et la richesse du pauvre.

Franck Joseph

©FJ June 2019
Les articles et méditations sont disponibles en version papier ici : RECUEILS

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