La Frêle Flamme et le Foyer

La foi dans le bodhisattva que l’on est est nécessaire.
Elle est pourtant si fragile.


La perception que l’autre a de nous, nous revient comme un écho dissonant,

Tu résonnes de moi comme une guitare presque accordée,
donc terriblement fausse…
en rafales inattendues, tu résonnes de moi.
Tu planes longtemps sur mon crâne,
tu planes mieux quand il fait noir.


Cet écho en retour fait vaciller la foi qui était née après avoir entr’aperçu le bodhisattva que nous sommes.
Mais est-ce bien cela en réalité qui viendrait à nous faire douter ?

La distorsion de cet écho n’est pas tant la question. Je pense que par essence, celui ci, distordu, peu fidèle à une éventuelle objectivité et forcément biaisé par les filtres de lecture de celui sur qui cette image rebondit.
L’origine de l’incertitude que ce retour fait naître en nous, ne vient pas du questionnement sur inexactitude de son contenu, mais de notre perte d’ancrage de notre être dans cette vérité qui, le temps d’un échange humain a cessé d’être la priorité absolue.


Lorsque mon interlocuteur me renvoie cette image, cela m’affecte et,  je pèse d’une main ce que je perçois en retour (ajoutant ici encore une couche opacifiante au passage), et de l’autre ce que je pensais être..Je questionne l’équilibre…

Ce faisant, je manque à mon expression de bodhisattva. J’interromps son expression. Je crée une discontinuité dans l’expression de ma nature, d’où un retour inexorable en terre de souffrance (doute)

La foi dans notre nature de bodhisattva est une maturation de notre bodhicitta (esprit d’éveil).
En doutant de ma nature de bodhisattva, c’est l’esprit d’éveil — la bodhicitta — que je bâillonne ou que j’occulte le temps d’envisager une sphère d’existence où peut s’épandre ce questionnement superficiel, infiltré par le doute : « suis-je bien digne de ceci ?
Ne serais-je pas plutôt comme cela ? « 

Une fois encore, là n’est pas la question et il peut être très salutaire de se nourrir de ces retours, mais il ne saurait en résulter un vacillement dans l’ancrage de notre nature profonde.

 

En saisissant au vol les retours d’impression que l’autre leur renvoie,  il peut se souvenir de l’oppression des heures passées à agencer les pièces de l’égo en vue de parvenir aux modèles séquencés.


Notons ici qu’à un autre niveau d’observation, il ne peut y avoir de vacillement possible car cette nature est ce dont tout émane, y compris le doute sur ces émanations…. 

Je ne connais rien qui puisse dépasser la beauté d’une existence lue derrière les yeux d’un bodhisattva.

Cette perspective totale, transcende définitivement les atermoiements, les questionnements et positionnements de celui qui n’a pas encore pu habiter le vide qui règne dans le coeur du bodhisattva.

Libre de compassion
Le bodhisattva sait
que déjà il n’est plus…

Qu’il n’a jamais été.

Franck Joseph

©FJ Nov 2019 
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Les articles et méditations sont disponibles en version papier ici : RECUEILS

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