O.V.N.I. (Objet Vivant Non Identifié)

Il y a une certaine similitude dans le profil psychologique des adeptes des théories du complot et celui des aficionados de l’un ou l’autre– ou de tous— es versants du New-Age.

Les premiers seraient en quelque sorte le revers négatif
 et anxiogène de la médaille, pendant que les seconds donnent à voir une face plus béate et niaise de cette même pièce.

Dans les deux cas, ils sont l’expression d’une volonté de compréhension du monde par le biais d’une grille de lecture simplifiée et facilement superposable aux situations qu’ils rencontrent et/ou subissent l’un comme l’autre.

Puisque leur logiciel d’appréciation est simple –un coupable unique (complot)/ une argumentation cosmique (new-age), ils tendront à extraire de leur nouvelle interprétation du monde une expertise plus ou moins fantasmée sur laquelle ils s’appuieront pour se hisser vers des positions valorisées au sein de leur groupes sociaux et/ou à leurs propres yeux.

L’un se fera président d’une quelconque association visant à un certain activisme ou production de contenu : on y trouvera notamment des ‘ufologues’, des ‘chercheurs indépendants’.
L’autre écumera les formations professionnalisantes lui promettant un titre de thérapeute, de praticien…

Le recours à ces grilles de lecture du réel est un mécanisme de survie psychique leur permettant de ne pas perdre pied dans un monde complexe où leur action est de plus en plus noyée, insignifiante.

Les développements qu’ils déroulent au sein de leurs sphères respectives visent à leur assurer une certaine perspective au sein d’une situation de vie leur apparaissant bouchée et insatisfaisante; Ils viennent alors combler un lit commun de frustrations. 

Preuve en est la nécessité de copier la terminologie de l’environnement ayant donné lieu à cette compensation : une titre en –« logue », un statut de chercheur…

A bien y regarder, ces logiques sont communes à tous et s’appliquent au delà des cercles complotistes et des iridologues… Nous cherchons tous à prendre prise sur un réel fuyant et nous mettons en place de telles stratégies compensatoires.

Tous nous créons des bulles pour respirer, nous plantons des socles pour ne pas sombrer.

Les exemples de ces deux profils dans cet article ne sont finalement que deux aspects visibles et colorés servant souvent à masquer nos travers similaires peut être moins pittoresques, moins facilement identifiables.
Dans ces bulles, nous sommes celui que nous souhaitons être.

Il n’est pas question ici et aujourd’hui de porter un jugement sur ces phénomènes (nous ne nous en sommes pas privé, ailleurs et plus tôt).
Simplement, inviter à reconnaître nos déclinaisons locales de ces schémas.
Dans notre intimité, comment se manifestent-ils?


Inviter à être en lâchant les velléités d’apparence et les rafistolages de fortune avec lesquels nous composons, simulant leur efficacité mais profondément conscients de leur incapacité à nous apaiser vraiment.

Respirer ces sédiments de sagesse et s’associer au monde.
Être au monde par delà nos insatisfactions, nos besoins d’arrangements,
Ceux-ci s’épuisent si nous ne les investissons plus.


Par nos bricolages et sous nos fixations
A bas bruit, la vie se gâche.

Être, sans ses schémas,
Être en transition
Être intransitif

 

Franck Joseph

©FJ Nov 2019
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Les articles et méditations sont disponibles en version papier ici : RECUEILS

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