Survivre au Désert

Il est certain qu’un chemin sans errements et sans hésitation n’est pas un chemin.
C’est un tunnel brutal.

Le chemin spirituel, s’il mène droit au but, n’est pas un chemin et n’est pas spirituel.
La notion de but, toute absolue dans son essence, n’en demeure pas moins éminemment relative.

Et il n’est pas fortuit que la symbolique du désert soit si récurrente dans une large partie des traditions de sagesses.
Riche en évocation — sécheresse, mirages, figures de la mort, traversées solitaires, répétitivité apparente des paysages, pertes des repères spatio-temporels, rudesse des nuits, températures extrêmes…. Le recours au désert illustre efficacement de nombreux tronçons de ce chemin spirituel.
Le désert, surtout, appelle à la Foi. Il en est la condition suffisante.
Si rien ne vaut l’immersion totale pour progresser en langue étrangère, c’est parce que, le bain que l’on prend est souvent forcé : l’apprenant se met en situation de n’avoir pas d’autre choix que de pratiquer la langue qu’il apprend.

Au désert, la Foi est la condition de survie.
Aussi, lors de nos doutes, de nos errements ou de nos hésitations sur le chemin, s’extraire du wagon de la foi est la garantie pour le pratiquant de se dessécher et de se laisser mourir sur le bord du chemin.
Lorsque le désert se présente — et ce serait mentir que de dire qu’il est possible qu’il ne se présente pas– la foi permet de l’accepter et de laisser ce paysage de désert s’exprimer.

Le désert est matrice. Le fuir, le refuser, c’est étouffer le message de transformation dont il est porteur.
Même si le désert de nos représentations est fondé sur un bloc spatial (désert géographique), il se peut qu’il apparaisse dans nos vies, pas nécessairement sous la forme d’un bloc temporel, mais de manière perlée, saupoudrée sur nos journées, de manière fragmentée et répétitive, il se donne à vivre exactement de la même façon.

Les nuits peuvent être sèches et désertiques.
Elles sont une cruelle expérience de solitude.

Le pèlerin appelle seul dans la nuit, qu’on vienne à son secours.

La maladie, la relation à tel ou telle, la sphère professionnelle ou familiale sont autant d’autres déserts où l’on crie souvent seul.

C’est en sortant du désert qu’on en acte la traversée, que l’on comprend le désert.
Seule la foi dans l’enfantement du monde obscur peut encore nous guider.
Certains déserts sont de vertigineux abysses où même les plus aguerris ne manquent pas de se perdre.

Franck Joseph
©FJ May 2020 All rights reserved.
Les articles et méditations sont disponibles en version papier ici : RECUEILS
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