Promoteurs en Religions

Ce sont toujours les mots qui se posent sur l’expérience et jamais l’expérience qui émerge des mots. L’expérience est d’unique nature. Les mots qui la recouvrent prennent de multiples formes.

Les religions constituent souvent un fatras de mots, créant un espace de propreté privatisée sur lequel les fidèles imaginent que l’expérience puisse se produire. Alors qu’originellement elles sont des échos multiples de l’expérience unique. Les religions fonctionnent tels des engins de chantiers Laissant de grosses empreintes sur un sol Où une vérité unique serait enfouie.Sur les terres qu’elles foulent et triturent, elles bâtissent des immeubles de mots, laissant penser qu’il faut nécessairement habiter l’un de ces immeubles sur le bon terrain pour y trouver la bonne terre. L’expérience est la suivante : La vérité est dans la terre, où que se trouve cette terre. Les immeubles ne la détruisent pas : ils rendent l’accès à la terre plus difficile. Les espaces privés peuvent bien encercler, limiter, privatiser tout ce qu’ils veulent. De l’autre côté de leurs enclos, la terre sera toujours la même… L’enseignement que l’on croit donner, la parole que l’on pense passer, relèvent souvent de la conversion quelles que soient les croyances de la “cible”. En effet, elles forcent l’entré d’un langage, d’une terminologie, là où il n’y avait rien. Les enseignants sont alors des promoteurs immobiliers. Ils vendent leurs solutions, leurs formules, leurs conditionnements. Dans le cas de la conversion,  ils écrasent de leurs bâtiments les constructions précédentes.

Fissurées ou fragilisées, là où elles auraient permis de faire place à la terre nue, où l’on aurait pu croire qu’elles se résorberaient en glaises et en poussières, elles sont écrasées par des constructions neuves, arrogantes et bravaches aux matériaux robustes.

Leurs habitants s’éloignent un peu plus de l’expérience. Bienheureux alors celui qui dort à même le sol, il n’a pas d’autres mots que ceux de sa paillasse, qu’il roule au matin avant d’arpenter la terre à pieds nus. Puisse-t-il ne pas croiser la route des promoteurs en religions et de leurs entrepreneurs en artifices langagiers. Franck Joseph

©FJ May 2020All rights reserved.

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