Prier le Bon Dieu

La question du Bon Dieu ne se pose tout simplement pas.
Que tu pries ici ou là, vers ceci ou cela, n’est pas d’une extrême importance.

Ce qui compte est que tu pries, et non ‘le support’ de cette prière. Cette affirmation ne cherche nullement à nier la réalité du rapport convoqué, ni à mettre en avant un strict égalitarisme entre les divinités invoquées, mais à souligner que c’est dans l’inspiration qu’est le cœur, le moteur de la spiritualité, plus que dans le support d’inspiration (dans ce qui la matérialise, la recueille)

Bien sûr, certains “supports” ont une force d’inspiration supérieure : leur potentiel ‘inspirationnel ‘ dépasse celui des autres.
De cette communication au divin, l’être ressort apaisé, serein, harmonisé, réconforté. Il a réellement renoué avec le fil de sa vie.
Portez ce regard sur les cultes et divinités aux cent visages des traditions hindous ou des pseudo-polythéisme et vous verrez que l’axe du vrai et du faux, du mauvais et du bon dieu à prier n’est pas pertinent. C’est ce qu’a bien saisi la shakti.

Lors de la dévotion en une figure de la divinité, la vérité se situe dans l’être qui s’y adonne. La pratique de la prière importe pour celui qui prie.

Lorsqu’il entre en Etat de Prière, l’harmonie divine qui se fait jour en lui, voilà ce qui compte bien plus que la teneur des entretiens ou la destination des paroles.

Evidemment, il ne peut y avoir de feu sans étincelle, mais c’est le feu qui nous réchauffe.
Avec ou sans intermédiation, c’est le feu intérieur qui réchauffe.

Le méditant, qu’il l’ait compris ou pas, peut l’expérimenter.
Un point de vue extérieur à la pratique peut laisser penser que le méditant, étant dépourvu de dieu, souffre d’un ‘retard à l’allumage’…Ce qui n’est pas forcément faux… mais lorsque le feu brûle, il ne doit pas craindre de devoir s’interrompre pour aller chercher du bois.
De même, lorsque les intempéries à venir menaceront d’éteindre son foyer.

Et si la grande spiritualité du pèlerin Russe, qui répétait en continu la prière du cœur “Seigneur, prends pitié de moi, pêcheur / Kyrie Eleison) semble brumeuse à l’observateur contemporain, c’est par ici qu’il faudrait regarder : sous cet angle, le pèlerin est parvenu à l’état d’harmonie.

Jésus disait qu’au fruit nous reconnaîtrons l’arbre et le prophète. Il est aussi vrai qu’à l’état de conscience nous reconnaîtrons le Bon Dieu..
Il est pourtant question de s’alimenter correctement et si le fruit est sain et nourrissant, notre gratitude sera sans borne.

Aussi, dualisme et non dualisme ne sont pas mutuellement exclusifs. Le bouddhisme tibétain conjugue ces deux polarités et permet une fluidité entre celles-ci.

C’est toute la vie, tout l’univers que prie le méditant.
L’assise ne saurait convoquer un dieu borné.
Par le recours à la divinité, le croyant prie et entre en méditation.
Tout deux s’alimentent à la même flamme.
Petit ou grand, éternel ou momentané, le feu est le feu.

Franck‌ ‌Joseph‌ ‌ 

©FJ‌ ‌July ‌2020‌

Les articles et méditations sont disponibles en version papier ici : RECUEILS

Ce contenu est rendu possible à travers vos Participations
Merci à tous de permettre la continuité de ce projet.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s