L’Auteur Et Le Texte

Qui du texte ou de l’auteur est le plus grand ?
J’ai longtemps pensé que le texte était toujours plus grand que l’auteur…

Il ne saurait être réduit à ce dernier. Il le transcende car il ricoche en chacun des lecteurs avant de s’apaiser dans les grands fonds. Il n’a, à ce moment plus grand chose à voir avec l’auteur qui lui a insufflé l’encre par la pointe du stylo.
S’il devait n’être parcouru par aucun œil humain, il serait quand même précieux aux yeux de l’auteur, le teste étant plus facile, plus stable que cette matière humaine en changement perpétuel.
L’auteur est plus grand que le texte.
Par sa souplesse, par la vie qui le traverse, il en dépasse largement les contours.
L’auteur est si grand qu’il peut rire de son texte préalablement écrit dans le plus austère des sérieux : c’est sa grandeur.

Il n’est pas contraint de s’appesantir avec son texte.
Les prétentions supra-temporelles de celui-ci l’amusent au plus haut point.
Le texte est ridicule, pathétique, dans la manière qu’il a et il ne peut en aller autrement — de se prendre au sérieux.


Par son humilité, l’auteur lui est supérieur. Elle est sagesse et perspective.
La superposition de l’auteur et du texte est un biais de perception, fruit de l’habitude, de la paresse du regard, du conditionnement scolaire, du culte des mots que l’on n’a pu commenter qu’à hauteur de leur texte et qui ne peuvent avoir d’existence autrement qu’en endossant leurs vêtements de lettres.
Cet effet d’optique est aussi la conséquence d’une absence de pratique de l’écriture chez celui qui s’y laisse prendre.

Si le texte est grand, c’est parce qu’il se pare d’éternité et plonge son sens dans un invonscient collectif sans fin.
Il est sage et savant
Il est surtout le parfait réceptacle des angoisses de l’homme qui cherche à maçonner les fondations de ses structures psychiques de l’ensemble-humanité et n’a de cesse de vouloir s’extraire de tout assujettissement au changement.
Car, il faut le rappeler, tout ceci est un leurre.

Fondamentalement, le texte n’est pas les briques de mots qui les composent, et les objets conceptuels auxquels ils renvoient non plus. Ce ne sont que sables dans le vent. A peine agrégé, à peine dispersé.

Reste l’auteur
Qui rit, qui meurt

Franck Joseph
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