Percer la Coquille de l’Intelligence

Agitée depuis des millénaires, polypassionnée, l’esprit aux aguets, elle bondit de roche en roche.
Vorace, Julie apprend.

Plus un recoin de cerveau pour manquer à l’appel de la conquête du monde.
Sa curiosité n’a d’égal que sa capacité d’attention. En tunnels, Julie se jette dans les puits de connaissance. Il lui semble impossible de n’en traverser qu’un.


S’ils lui paraissaient exigeants par leurs anfractuosités, elle s’y engouffre avec le même appétit, armée de cette curiosité, cette inépuisable attention en bandouliere, Julie fuit le monde.
Ce qu’elle conquiert ainsi, ce sont les jours, enfilés un à un aux cordelettes de sa vie.
Chaque jour ainsi rempli ajoute une distance rassurante entre elle et le monde.

Avant ce soir où la vague des passions la submergea.
Ce qu’elle avait pressenti ces jours précedents, lorsque chacune d’elles se disputait la première place en son esprit, se manifesta.
Laissée sur le rivage par cette vague trop forte, rendue inapte à fonctionner habituellement, elle comprenait que ces mouvements intérieurs étaient la forme que prenait sa grande fragilité pour accepter de la présenter au monde.

Puisque c’était là que la vie se levait, c’est là qu’elle se rendrait.
Capituler vraiment, et commencer à rencontrer la réalité.
L’autre, voilà de quoi recevoir toute se curiosité et toute sa force d’attention.
Et sa fragilité n’est pas la ressource inépuisable qu’il lui fallait protéger, par sa démarche vers le dehors, à la conquête du monde.
Elle est l’unité de la vie, le support de la vie.

Elle se transforme, elle est sans fin, se regénère et se transmet.
Dans le rapport à l’autre, attentionné, s’opère la mise en contact de deux fragilités.
Dans la relation, les vies s’étreignent et se nourrissent.

Non plus les vases clos de l’auto-alimentation par passions interposées, rouages insensés, qui finissent immanquablement par s’emballer et se désaxer, laissant un coeur fatigué, désorienté.
Dans la relation, les fluides circulent à nouveau.

La pratique de l’assise permet le centrage, l’ancrage de notre bouée aux profondeurs de l’être.
Pour aider l’autre à s’extraire des vagues qui l’agitent et le maltraitent,
Afin qu’il puisse s’agripper à son regard, se rassurer à son sourire.



©FJ Jan 2022
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