“Tout doit disparaître”

Les fervents amateurs de collapsologie, ceux qui pensent imminent l’effondrement multi-systémique, partagent l’une des caractéristiques de l’être éveillé.
Bien que cette marque de l’éveil mérite d’être encore plus finement calibrée, elle est présente sous la forme suivante :
Ces profils ont une conscience de l’éphémérité plus aiguë que la moyenne des gens,
Ils ont été capables de penser la fin de leur environnement, et d’anticiper les modalités de fonctionnements dans le monde qui succédera à celui qui s’effondre.

Leur spécificité est d’appliquer cette compréhension à leur environnement immédiat, à en faire un évènement imminent.
Bien sûr, il est possible qu’ils aient raison et, du point de vu de l’être éveillé, cela ne change pas grand chose.
Simplement, ils restreignent l’ensemble des temporalités d’actualisation de l’effondrement à une seule de ces possibilités (effondrement imminent).
Cette conscience aiguisée de la fin est pensée au niveau collectif, mais,au stade auquel le collapsophile se situe, il ne perçoit pas qu’il s’agit peut être d’une résonance collective d’une réalité individuelle : sa mort.

Les deux niveaux sont vrais, séparément et conjointement.
“Tout doit disparaître”
Effectivement, il n’est rien d’immuable dans tout ce qui nous entoure, rien qui n’échappe aux nécessités de décomposition. Dans de ‘tout’, ce tous, il y a moi. Mon anéantissement est l’anéantissement de tout.
Il n’est rien qui puisse subsister si je ne subsiste pas.
Quand bien même les objets auraient une existence intrinsèque, indépendante,
Dès lors que je disparais, ils sombrent également avec mes yeux qui se ferment.
La fascination pour l’effondrement de la société est notre mort individuelle perçue, qui est en phase de digestion,
Et si tout s’effondre effectivement, cela n’invalide rien de cette vérité, au contraire.

©FJ Sept. 2025
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