Pensée sans Langage

-« Et à quoi pourrait bien ressembler une pensée sans langage? »

Nier son existence équivaudrait d’emblée à appeler le jeune enfant, l’homme primitif et l’animal stupides, à tirer une ligne horizontale sous le front de laquelle on ne pense pas.

Cette zone infra-conceptuelle serait alors une sorte de magma infernal où s’enchevêtrent tout et n’importe quoi et où aucun début de commencement d’agencement ne pourrait s’opérer.

Par gradation on s’élèverait alors vers des échelons de plus en plus raffinés, de plus en plus sophistiqués, abritant des royaumes de vélocité intellectuelle protégés par de larges forêts de concepts.

Il est par ailleurs possible, et moins sectaire, d’envisager la chose de manière circulaire. On progresse le long de cette échelle pour digérer progressivement l’inutilité de la digestion. Le sage ne cherche plus à briller en sautant d’un trapèze à l’autre. L’enfant et l’animal ont déjà accès à la forme la plus épanouie de la pensée, l’un ne le sait pas et devra l’apprendre…l’autre, par opposition à nous, n’a de toute façon rien à nous prouver en se comparant à nous.

L’homme primitif s’inscrit dans la même logique mais à l’échelle d’une espèce et non plus d’un individu.

Imaginons un instant, rêvons d’un moment:

Une pensée sans langage doit avoir un effet profondément relaxant. Tout ce verbiage intérieur (inférieur), frénétique et incessant, donne finalement mal au crâne et n’apporte pas grand chose. Du moins, du haut de ma demi vie. Suis-je en cours de l’évolution simplificatrice mentionnée plus haut? N’en suis-je qu’aux balbutiements du raffinement, un grossier personnage?

Et si le langage n’est pas nécessaire à la pensée, qu’en est-il des plantes et des pierres, des nuages? Si la pensée n’est pas qu’infra-langagière mais aussi extra- voire supra-langagière, il n’est plus besoin d' »êtres-supports » pour la faire naître, elle peut alors transcender les limites d’une peau, d’un tissu pour émaner d’un ensemble d’êtres…. Et pourquoi pas coexister avec la pensée de l’individu, l’influencer, la renforcer ou l’annihiler? Je me perds.

Une pensée sans langage doit  être vive comme un briquet qui s’allume, car elle doit prendre de court l’effrayante mécanique huilée de nos concepts. La grande vivacité est un raffinement.

Elle doit aussi être confortable. On doit sûrement pouvoir s’y installer pour la soirée, comme un pouf tout simple. Et rigoler du temps perdu à regarder courir les petits chevaux fous le long de nos neurones pour s’écraser contre nos boites crâniennes et repartir en sens inverse.

NiDr

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